Tribune libre : Démonstration de la puissance spatiale allemande
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Gilles Rabin
CNES
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Gilles Rabin
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Entre deux Bourget, il était de bon ton de snober ILA, devant la modestie de l’évènement berlinois et le peu d’exposants internationaux. Ce temps est révolu. L’Allemagne n’a plus peur de son propre courage, et veut s’affirmer comme la puissance dominante en Europe dans un secteur où parler d’Europe du spatial est une erreur de raisonnement. Chaque nation a sa propre stratégie, sa propre agence et défend son industrie nationale. L’Agence spatiale européenne (ESA) renforce ce nationalisme par l’intermédiaire du retour géographique. On se croirait vingt ans en arrière dans les chemins de fer, où la SNCF achetait ses trains chez Alsthom, le Deutsche Bahn chez Siemens, et les FS chez Fiat. Le spatial a toujours été un winner-take-all-business : quand vous mettez plus d’argent, vous êtes la puissance dominante. C’est l’Allemagne aujourd’hui.
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Le moment de bascule a été le discours du ministre fédéral de la Défense, Boris Pistorius, en septembre 2025. En mettant sur la table 35 milliards d’euros dans le spatial de défense, il a envoyé trois messages. Un message aux États-Unis pour leur montrer que l’Allemagne se donnait les moyens de sa défense pour une guerre annoncée en 2029 en Europe par ces mêmes Américains. Un message à l’Europe en affirmant la puissance allemande. Et enfin, il a fait de la politique industrielle à la française, en injectant des investissements massifs dans un pays où l’industrie souffre fortement. Macro Fuchs, le patron d’OHB, parlait de discours à la Kennedy pour le spatial allemand, et les généraux de la Bundeswehr riaient jaune : avant, ils avaient le temps mais pas d’argent ; maintenant, ils ont l’argent mais pas le temps.