• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Partenaires

Retour sur La Tribune
Défense et aérospatial

Une du journal Air&Cosmos

Dernière édition

Logo Air&Cosmos
  • Stratégies
  • Innovation & technologies
  • Aviation civile
  • Défense
  • Espace
Logo Air&Cosmos
  • Stratégies
  • Innovation & technologies
  • Aviation civile
  • Défense
  • Espace

Sélectionnez votre région

Logo Air&Cosmos

RECHERCHER

Loupe

DA
Défense & Aérospatiale
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
LT
La Tribune
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Entreprises & marchés
  • Institutions
  • Stratégie industrielle & Supply Chain
  • IA & Technologies avancées
  • Programmes
  • Recherche aéronautique
  • Aviation décarbonée
  • Drones & mobilité aérienne avancée
  • Compagnies aériennes
  • Aéroports et contrôle aérien
  • MRO
  • Aviation légère et d'affaires
  • Armées & opérations
  • Aéronefs
  • Drones & équipements militaires
  • MCO
  • Sciences & exploration
  • Lanceurs
  • Vols habités
  • Satellites & applications
  • Défense spatiale

Kiosque numériqueNewsletters
La TribuneLa Tribune DimancheLa Tribune Afrique
Événements
Air & CosmosEspace

Il y a 30 ans, Israël devenait une puissance spatiale

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 24 septembre 2018 à 05:38

Capture d'écran de la vidéo du lancement d'Ofeq 1, révélée pour la première fois le 17 septembre 2018

Capture d'écran de la vidéo du lancement d'Ofeq 1, révélée pour la première fois le 17 septembre 2018

Israel Aerospace Industries (IAI)

Le Magazine

N2974 ● 12 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Dernière minute

  • 13:00
    Dans le viseur : les prochains événements spatiaux à surveiller
  • 10:00
    L’Europe spatiale à l’heure des game changer
  • 05:00
    Observation de la Terre : Airbus et de Rheinmetall annoncent chacun son consortium à Berlin
  • 18:00
    MBDA annonce ouvrir une nouvelle usine et présente à Berlin une solution laser antidrones
  • 16:15
    L'Airbus A321XLR d'Air Canada débarque à Nantes cet été

Les plus lus

  • 1

    Eolien en mer : pourquoi il est peu probable que la totalité des 10 gigawatts de projets soit réellement développée

  • 2

    Votre Livret A va bientôt rapporter plus et voici pourquoi

  • 3

    EEF, l’épicier qui grandit dans l’ombre de Grand Frais

  • 4

    Inflation à 2,4 % : pourquoi l’été 2026 sera pourtant impossible pour des millions de Français

  • 5

    Aéronautique, spatial, défense : souveraineté, la fin des illusions

  • 6

    Coup de tonnerre pour Anthropic : Trump bloque l'accès étranger aux IA « Fable » et « Mythos »

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Facebook
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Partenaires
Le 19 septembre 1988, Israël plaçait par ses propres moyens son premier satellite artificiel sur orbite, Ofeq. Comment cette jeune nation est-elle devenue une nouvelle puissance spatiale, et avec quelles conséquences ?

« Israël, puissance 9 » titrait l’article d’Albert Ducrocq dans Sciences et Avenir de novembre 1988. Celui-ci précisait dans la foulée qu’« une fusée aux performances étonnantes fait de l’Etat hébreu le neuvième pays capable de mettre un satellite sur orbite par ses propres moyens. Un exploit aux retombées plus politiques que scientifiques ».

« Israël, puissance 9 » ?

En cette fin des années 80, la « puissance spatiale » se définissait encore par la capacité d’un pays à satelliser par ses propres moyens. Selon ce critère, étaient donc considérés comme puissances spatiales l’Union soviétique (1957), les Etats-Unis (1958), la France (1965), le Japon (février 1970), la Chine (juin 1970), la Grande-Bretagne (1971), l’Europe (1979, Ariane 1) et l’Inde (1980). Israël, plaçant à son tour sur orbite son premier satellite Ofeq 1 à l’aide de son lanceur Shavit, était-il donc bien devenu la neuvième puissance spatiale ?

Incontestablement, si l’on considère la possession d’un lanceur opérationnel comme gage d’accès autonome à l’espace. Pour autant, des nations comme la France et la Grande-Bretagne ont renoncé dès les années 70 à leurs lanceurs nationaux, d’autres ont développé d’importants programmes spatiaux sans vouloir de lanceur, tels que le Canada, l’Allemagne, etc. Au final, ce n’est pas tant être la énième puissance spatiale qui compte – en dehors du prestige et de faire partie d’un « club très fermé » – mais plutôt le fait de maîtriser un certain nombre de technologies, reposant sur un tissu industriel spécifique, le tout encadré par une volonté politique. En 1988, les trois conditions étaient réunies pour Israël. Ce dernier avait créé dès le 19 septembre 1983 l’Israël Space Agency (ISA) et, l’année suivante, le Ministère israélien de la Défense et le groupe Israël Aerospace Industrie (IAI) décidaient la construction du premier satellite national Ofeq. Quid du lanceur Shavit ?

Un lanceur dérivé des études balistiques… franco-israéliennes.

Au cours de la seconde moitié des années 50, les Israéliens souhaitent se doter de missiles balistiques, sachant que plusieurs Etats arabes, dont l’Egypte, ne cachaient pas leur volonté de détruire Israël. Pour ce dernier, il fallait donc ne pas se laisser distancer au niveau technologique. Néanmoins, le retard est tel que l’Etat hébreu se tourne vers les Etats-Unis qui cependant refusent, craignant qu’en lui apportant une aide militaire conséquente cela n’entraine des alliances entre l’URSS et d’autres Etats arabes. C’est pourquoi Israël sollicite la France, qui est déjà un partenaire dans le développement de missiles à courte portée.

Toutefois, la possession d’un missile à longue portée peut être mal interprétée par certains Etats moyen-orientaux. C’est pourquoi le gouvernement français du général de Gaulle préfère ne pas aider ouvertement l’Etat hébreu, et lui conseille de prendre contact avec les industriels du domaine aérospatial français. Il y a eu deux offres : Sud Aviation et GAMD (Générale Aéronautique Marcel Dassault), qui a été retenu. Doté depuis quelques années d’un département Engins (pour notamment réaliser des missiles pour ses avions), le groupe GAMD et Israël établissent dans le plus grand des secrets à partir de septembre 1962 une coopération (contrat « Opération Jéricho ») pour réaliser un missile sol-sol d’une portée de 235 à 500 km pour une charge militaire de 750 kg. Au sein de la GAMD, l’étude est lancée sous le nom de MD 620 (avec comme principaux sous-traitants Nord Aviation et SAGEM). Le premier tir en version monoétage est testé le 1er février 1965 avec succès depuis l’île du Levant, le premier (succès) en version biétage le 16 mars 1966 (hauteur 13,4 m, masse 6,7 t, portée de 450 km, équipé du premier calculateur numérique français).

Newsletter

La Lettre Quotidienne

Entrez chaque jour au coeur des enjeux de l'aéronautique, de la défense et du spatial avec l'expertise de la rédaction et suivez les actualités structurantes de ces secteurs stratégiques.

Illustration de la newsletter La Lettre Quotidienne

La guerre israélo-arabe de juin 1967, qui débute par des attaques préventives de la part d’Israël contre l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban, remet en cause la coopération franco-israélienne. Après l’attaque israélienne de l’aéroport de Beyrouth, en décembre 1968, de Gaulle décide un embargo sur les armes et, en janvier 1969, GAMD cesse sa collaboration avec Israël. Si les années 1962-67 ont été suffisantes aux israéliens pour acquérir un certain nombre de compétences en matière d’engins fusées (guidage, pilotage, aérodynamique, thermodynamique, etc.), ils ont cependant dû concevoir une version simplifiée du MD 620 (renonçant par exemple au calculateur numérique remplacé par un calculateur analogique). Néanmoins ils ont pu mettre au point en 1970 Jéricho 1, leur premier missile balistique puis, à partir de 1977, un engin plus puissant Jéricho 2 (longueur : 14 m, masse : 26 t, portée : 1 500 km). Les études et les technologies du Jéricho 2 ont ensuite servi à la réalisation…de Shavit.

Un exploit aux retombées plus politiques que scientifiques.

D’une longueur de 17,7 m pour une masse de 23,4 t, Shavit (« Comète ») est un modeste lanceur à trois étages utilisant la propulsion solide, pouvant emporter une charge utile de 160 kg. Le 19 septembre 1988, depuis la base aérienne de Palmachim, sur les rives méditerranéennes, il place le satellite Ofeq 1 (« Horizon ») - d’une hauteur de 2,4 m pour une masse de 153 kg - sur une orbite elliptique de 250 km x 1 155 km. Celui-ci est annoncé comme un « satellite expérimental doté d’instruments permettant l’étude tant du champ magnétique terrestre que de la haute atmosphère ».

Alors que la plupart des lanceurs du monde sont tirés en direction de l’est pour bénéficier du petit « coup de pouce » de la rotation de la Terre, Shavit a dû suivre une trajectoire opposée vers l’ouest. Cela s’explique par l’environnement géopolitique de l’Etat d’Israël. Au lendemain de sa création en 1948, celui-ci s’est immédiatement trouvé en état de guerre avec les Etats arabes voisins. De ce fait, pour éviter le risque qu’un lanceur défaillant ou un étage ne retombe sur un pays du Moyen-Orient plus ou moins hostile, les Israéliens préfèrent tirer en direction de l’ouest. La « fenêtre » méditerranéenne n’est pas sans risque d’ailleurs, étant donné l’intense trafic notamment…

Soulignons que, si Shavit avait été tiré depuis Kourou, la charge utile aurait pu atteindre 260 kg, soit une belle performance au regard du premier lanceur français Diamant A, qui avait satellisé en 1965 depuis le désert algérien une charge de 39 kg (à 527 km x 1 697 km).

Permettant de qualifier le lanceur, Ofeq 1 apparaît aussi comme un « satellite politique », à deux niveaux. Premièrement, en améliorant les capacités du Shavit, les Israéliens disposent d’un véritable missile balistique pouvant emporter une charge nucléaire en lieu et place du satellite. Autrement dit, en ce mois de septembre 1988, les Israéliens ont dans le même temps réalisé leur révolution balistique. Le message ne pouvait être plus clair à l’égard des Etats hostiles. Deuxièmement, ce premier tir intervient l’année des 40 ans de l’indépendance d’Israël, intervenue le 14 mai 1948. A l’époque, la CIA ne donnait pas plus de deux ans de survie à la jeune nation israélienne.

Références.

Une communication : Philippe Jung, Jean-Jacques Serra, « From Monobloc to Jericho. How France Put Israel into Space », 4e Congrès IAC, Jérusalem, 12-16 octobre 2015.

Un ouvrage : Luc Berger, Claude Carlier, Dassault, 50 ans d’aventure aéronautique, tome 2, Les programmes, Editions du Chêne/Hachette, 1996.

Une vidéo du premier lancement spatial israélien déclassifiée à l’occasion du trentième anniversaire.

Philippe Varnoteaux est docteur en histoire, spécialiste des débuts de l’exploration spatiale en France et auteur de plusieurs ouvrages de référence.

Pierre-François Mouriaux

Sur le même sujet

  • 1

    Dans le viseur : les prochains événements spatiaux à surveiller

  • 2

    L’Europe spatiale à l’heure des game changer

  • 3

    Observation de la Terre : Airbus et de Rheinmetall annoncent chacun son consortium à Berlin

  • 4

    MBDA annonce ouvrir une nouvelle usine et présente à Berlin une solution laser antidrones