La filière aéro se projette déjà sur 2023
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Le président du Gifas, Guillaume Faury, ne le cache pas : « les années 2022 et 2023 seront encore des années de turbulences avec la crise en Ukraine et le regain de l'épidémie de Covid-19 en Chine ». Avec un « transport aérien toujours en crise » puisque le trafic mondial, en nombre de vols opérés sur la semaine du 18 au 24 avril, est inférieur de 20 % par rapport à la même période de 2019. Mais, ce différentiel est sur « la trajectoire » initialement prévue.
Cette situation globale ne doit pas masquer une « polarisation du monde avec un bloc Amériques, Europe et Moyen-Orient très proche d'un retour aux niveaux d'activités de 2019 avec une situation très compliquée en Chine et en Russie ». Pour autant, le président du Gifas, qui est aussi celui du groupe Airbus, estime le retour aux volumes de l'année 2019 « quelque part entre 2023 et 2025 » avec un paysage mondial qui affichera des différences et « des dates assez différentes » selon les régions.
Devant ce scénario, la filière aérospatiale française prépare donc un rebond qui correspondra plus ou moins, en termes de calendrier, à un Salon du Bourget qui se déroulera du 19 au 25 juin 2023. « Le nombre des inscriptions d'exposants enregistrées à ce jour est équivalent à celui que nous avions à la même époque en 2019 », souligne Patrick Daher, président du groupe éponyme et commissaire général du Salon du Bourget.
Une édition 2023 qui mettra l'accent les métiers d'une filière qui a repris les embauches après avoir réussi à sauvegarder les emplois grâce aux différentes mesures de soutien du gouvernement, mesures générales (chômage partiel, prêts garantis par l'Etat,....) et mesures dédiées au secteur (montée en puissance du fonds ACE, aides à la R&D,....). Les effectifs globaux sont ainsi passés de 202 000 salariés à fin 2019 à 188 000 à fin 2021.
« Cela représente une baisse de 7 % des effectifs alors que la filière a été confrontée à une chute de 30 % de son activité en termes de chiffre d'affaires, de production, de cadences », rappelle Guillaume Faury. Les recrutements ont repris vers la fin de l'année 2021 et plus de 15 000 postes sont à pourvoir sur 2022 auxquels il faut ajouter 6 000 offres en alternance. Reste maintenant à attirer les talents et les ruptures technologiques très importantes que représente l'avion décarboné peuvent être un atout.
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