100 ans de Boeing : le B-29 Superfortress
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A la fin des années 1930, le major général Henry « Hap » Arnold, commandant en chef du prédécesseur de l'US Air Force, l'US Army Air Corps, pensait que la défense des Etats-Unis pourrait être assurée par un bombardier à très long rayon d'action, capable d'atteindre des objectifs bien au-delà des côtes américaines.
En mars 1938, le bureau d'études de Boeing étudia la demande de l'Air Corps qui souhaitait obtenir un B-17 amélioré avec un train d'atterrissage tricycle et un fuselage pressurisé. Il en résulta un appareil hybride sous la forme du model 322, à mi-chemin entre le B-17 et le Stratoliner. Les efforts ne furent pas immédiatement couronnés de succès, puisque les militaires recommandèrent à l'avionneur de poursuivre son travail sur le concept de l'appareil, tout en précisant que sous peu un nouveau programme serait officiellement lancé.
En novembre 1939, le cahier des charges du futur appareil fut publié. Baptisé bombardier VLR (Very long range) l'appareil devrait être capable de transporter 900 kg de bombes à une distance de 9 880 km à une vitesse de 740 km/h, soit des performances particulièrement élevées pour l'époque. Boeing, Douglas, Consolidated et Lockheed envoyèrent leurs propositions aux militaires.
L'appareil avancé par Boeing était décliné en deux versions du model 334, soit 334A et 341. Mais aucune des propositions ne remporta de contrat de développement, car à la suite du début du conflit en Europe, l'US Army Air Corps désira un appareil encore plus performant, que Boeing proposa sous forme du model 345. L'avionneur de Seattle remporta le contrat, qui stipulait entre autres que deux prototypes devaient être assemblés.
L'appareil n'avait pas encore volé que l'USAAC avait déjà commandé 264 appareils, nombre qui fut porté à 1 600 par la suite au gré de différents addendum au contrat original. Ce qui plaça Boeing dans une situation inhabituelle et même sans précédent : ce qui ne s'appelait pas encore le B-29 comportait une liste impressionnante d'innovations, parmi lesquelles figuraient la cabine pressurisée, une charge de bombes dix fois supérieure au cahier des charges original sans parler des tourelles à commande à distance et des volets spécifiques, ni des moteurs turbocompressés Wright R-3350 qui constituèrent en eux-mêmes une source intarissable de problèmes.
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