Le 5 février 2026, le traité de désarmement New Start, entre les États-Unis et la Russie, a pris fin sans aucun successeur. Cette disparition marque notamment la fin de la limite des 1 550 ogives déployées ou encore la fin des mécanismes d’inspection. Cette évolution intervient alors que d’autres États dotés de l’arme nucléaire renforcent leurs arsenaux, sans aucun cadre de contrôle international. Selon le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), dont le Yearbook 2 026 a été publié ce 8 juin, le nombre total de têtes nucléaires dans le monde est en légère hausse.
À première vue, cette affirmation semble contradictoire : 12 187 têtes étaient estimées en janvier 2026 contre 12 241 en janvier 2025. Pourtant, le Sipri estime en même temps que la Russie (+91 têtes, +2 % du stock national de 2025), la Chine (+20, +3 %), l’Inde (+10, +5 %) et la Corée du Nord (+10, +20 %) ont entretemps augmenté leurs stocks d’ogives opérationnelles.
À noter que le think tank suédois se base sur des estimations et non des chiffres officiels. Par exemple, le Yearbook 2026 précise explicitement que « la Corée du Nord pourrait avoir produit suffisamment de matière fissile pour équiper 90 ogives […] il est probable qu’elle ait assemblé moins d’ogives, peut-être une soixantaine ». Mais en combinant ces chiffres avec les annonces nationales, cette tendance se confirme. « Suite à l’évolution de l’environnement sécuritaire […] le Royaume-Uni augmentera son stock de tête nucléaire à pas plus de 260 têtes » précisait en 2021 le document Global Britain in a competitive age. Plus récent, le discours du Président de la République de ce 2 mars précise, lui aussi, que le nombre d’ogives françaises augmentera.