Comment Tunisair renaît de ses cendres

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Media DR
Après les coups durs portés au tourisme suite à la révolution tunisienne et à l’instabilité politique, le COVID et la fermeture des frontières ont encore enfoncé la compagnie nationale Tunisair dans ses difficultés. Alors que le pays a largement libéralisé son ciel aux compagnies charter et low cost, Tunisair a réussi l’exploit de maintenir sa part de marché à environ 40%, notamment grâce à des tarifs « tout compris » souvent avantageux.
Mais la compagnie perd de l’argent depuis une décennie et n’est plus que l’ombre d’elle-même en 2021 : seulement 12 appareils sont encore maintenus en état de vol parmi une flotte « officielle » de 25 avions, provoquant une aggravation de son sureffectif chronique…
L’année 2021 marque donc un tournant pour la compagnie, avec l’arrivée d’un nouveau PDG en la personne de Khaled Chelly, fin connaisseur du secteur. L’homme a été en charge des aéroports du pays, PDG de l’OACA (Office de l’Aviation Civile et des Aéroports tunisiens), Président de l’IATA pour l’Afrique du Nord, et responsable de plusieurs marchés stratégiques de la compagnie, comme l’Europe centrale ou le Canada sa dernière affectation en date. Un grand plan de transformation est engagé, avec la fermeture des lignes déficitaires, des plans de réduction des effectifs ou l’amélioration de l’expérience client (digitalisation, catering amélioré, engagements de ponctualité…).
L’aboutissement de cette montée en gamme se concrétise également par la réception de nouveaux Airbus A320neo.

L’avion phare d’Airbus permet évidemment de réduire les coûts d’exploitation (20% de réduction de la consommation, maintenance allégée par rapport aux A320s classiques…), mais garantit aussi d’attirer les voyageurs pour la meilleure expérience possible. Outre les spécifications de l’avion (plus silencieux, meilleure hygrométrie, luminosité retravaillée…), Tunisair a opté pour des équipements particuliers. Un wifi est disponible à bord pour permettre aux voyageurs d’accéder gratuitement au programme de divertissement offert à partir de leurs équipements individuels tels que téléphone mobile ou tablette, chaque siège dispose de branchements électriques y compris en classe économique. La cabine est équipée d’un compartiment à bagage spacieux (version XL Bins) accueillant cinq trolleys cabine standard par compartiment (ce qui permet aussi un gain de temps aux escales), mais c’est aussi en classe business que le saut qualitatif est remarquable.

Au lieu des sièges dits "convertibles" installés sur la flotte A320 classique (dans laquelle la business consiste à ne pas vendre le siège central d'une rangée de trois places), des vrais sièges business sont proposés. Avec seulement quatre fauteuils de face sur 3 rangées, Tunisair s’aligne ainsi sur les meilleurs standards pour les avions moyen-courrier. La tablette amovible comprend un support pour téléphone portable ou PAD. Une offre qui, combinée au Salon Privilège rénové à l’aéroport, représente un véritable atout pour attirer la clientèle premium.
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Les deux premiers A320neo flambant neufs, livrés successivement en décembre 2021 et février 2022, sont actuellement exploités à leur plein potentiel à hauteur de 12 heures par jour. Un autre avion doit rejoindre la flotte en août prochain, puis encore 2 avions jusqu’en 2023. Un timing idéal pour permettre à Tunisair de remonter en puissance : la compagnie souhaite se positionner davantage sur le créneau rentable de trafic de la connectivité entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi regagner quelques points de parts de marchés dont l’objectif est d’atteindre les 50% d’ici 5 ans et renouer avec la rentabilité bien plus rapidement.


