33e Esra : les corsaires du ciel
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33e Esra : les corsaires du ciel
Eva SENECHAL - © Eva SENECHAL / armee de l'Air - © Eva SENECHAL / armee de l'Air et de l'Espace - Eva SENECHAL
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33e Esra : les corsaires du ciel
Eva SENECHAL - © Eva SENECHAL / armee de l'Air - © Eva SENECHAL / armee de l'Air et de l'Espace - Eva SENECHAL
En 2008, les drones ne mobilisaient qu’une poignée de pionniers au sein de l’escadron 1/33 Belfort. C’est ce noyau qui assura, avec le Harfang, les premières missions opérationnelles en Afghanistan. L’arrivée du Reaper, en décembre 2013 - grâce à l’action de deux sénateurs, Jacques Gautier et Daniel Reiner, puis au carnet d’adresses de Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense d'alors - a lancé une évolution inédite du domaine au sein de l'armée de l'Air et de l'Espace (AAE). En quelques mois, le drone Male (moyenne altitude longue endurance) s’est rendu indispensable aux opérations Serval puis Barkhane. Et dès 2019, après la décision de la ministre des Armées, Florence Parly, d’armer les drones, le Reaper a bientôt assuré l’essentiel des neutralisations de terroristes au Sahel. Plus encore que les Mirage 2000D, ou que les pourtant très efficaces commandos des forces spéciales.
Le Reaper avait déjà un tableau de chasse impressionnant dans les mains américaines, mais le melting-pot créé au sein de la 33e Esra a encore renforcé son bilan. Il a surtout généré un niveau d’innovations assez phénoménal, alors même que le produit n’est pas français et répond à une certaine forme de standardisation américaine.
Un système Reaper se compose des drones, de moyens de transmissions et d’un cockpit de conduite difficiles à faire évoluer. Un membre d’équipage rappelle qu’il faut en moyenne une année de délai pour ajouter un élément contractuel. Pas véritablement un exemple de souplesse. Par contre, sur le cockpit renseignement, où œuvre le coordinateur tactique (CT ou Tacco en anglais) et l’interprète image (IA), tout est customisable. Un troisième membre d’équipage est en cours d’ajout pour gérer le flux très important lié au pod ROEM (renseignement d’origine électromagnétique).
Avec une fierté non dissimulée, les membres de ce cockpit expliquent à Air & Cosmos comment ce cockpit a évolué durant le Sahel, mais surtout depuis. Il est en fait customisable à l’envi, avec un spectre assez incroyable de moyens de communication, dont une bonne partie est cryptée et classifiée. C’est face à cette forêt d’écrans que les deux spécialistes du renseignement analysent en temps réel la zone survolée par le drone, et dérushent la production des capteurs. Le Reaper comporte un radar à ouverture synthétique et détection des cibles mobiles (SAR-MTI) Lynx, une boule optronique multispectrale de désignation d'objectifs (MTS-B). Le premier est un défricheur d’activité, le second assure, avec un pinceau plus fin, la détection d’activité (infrarouge) et l’identification des cibles. L'intégration du pod ROEM ajoute un détecteur d’activité puissant, pour autant que les adversaires émettent.