Montée en cadence : Ariane 6 doit encore pousser le curseur d'un cran
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ESA, CNES, Arianespace, ArianeGroup, centre optique du CSG, P Piron
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ESA, CNES, Arianespace, ArianeGroup, centre optique du CSG, P Piron
La montée en puissance était un défi majeur pour Ariane 6, la montée en cadence en est un autre. 2026 est déjà l’année des comptes pour le programme, celle où les différents protagonistes aux commandes – Arianespace, ArianeGroup, l’ESA et le Cnes – vont devoir tenir leurs promesses à propos du fameux ramp-up (montée en cadence), nécessaire pour garantir un accès à l’espace souverain à l’Europe. L'objectif est de réaliser sept à huit vols en 2026 (un seul pour l'instant), puis neuf à dix vols annuels dès 2027. Mais une telle cadence sera-t-elle suffisante à l’avenir pour déployer à la fois les futures constellations européennes, les constellations nationales militaires et honorer le contrat avec Amazon (17 vols restants) ? S’il faut augmenter le rythme, plusieurs aménagements sont possibles, mais certaines pistes nécessiteront de sortir le portefeuille.
Avec 43 jours entre ses deux derniers vols de 2025, Ariane 6 n'est déjà plus très loin de la cadence recherchée. Alors que le lanceur européen prenait son premier envol en 2024, le ramp-up était déjà en préparation. « Nous avions anticipé la montée en cadence avant même le premier vol, il ne reste plus grand-chose à faire », sourit Carine Leveau, directrice du transport spatial au Cnes. Il reste des processus à optimiser, nous menons des réflexions pour identifier les actions qui permettront d’apporter plus de fluidité ». Un point de vue optimiste partagé par le directeur du transport spatial de l’ESA, Toni Tolker-Nielsen : « Nous apprenons avec l’expérience, mais tout va bien ».
Pas d'inquiétude apparente à court terme, en partie grâce aux stocks tampons, notamment les demi-coiffes et les propulseurs d’appoint à poudre (ESR – Equiped Solid Rocket). En outre, le directeur du centre spatial guyanais, Philippe Lier, rappelle que les objectifs initiaux étaient plus exigeants qu’aujourd’hui : « Nous nous donnions comme but de pouvoir soutenir onze vols par an ». La situation actuelle est donc plus confortable. Le PDG d’Arianespace, David Cavaillolès, estime que parvenir à 8 vols cette année est certes un défi, mais assure qu'il est faisable. « Nous avons face à nous une montée en cadence qui se veut la plus rapide possible », précise-t-il sur l’émission Air&Défense sur BFM Business (dont Air & Cosmos est partenaire). Clairement, ce ramp-up est en passe d’être le plus rapide jamais vu dans le monde des lanceurs lourds, tout en garantissant une précision de mise en orbite inégalée.