Ariane 6 monte en puissance : premier vol réussi avec des propulseurs P160C

Ariane 6 décolle en version lourde.
Arianespace, ArianeGroup, ESA, Cnes, CSG centre optique

Ariane 6 décolle en version lourde.
Arianespace, ArianeGroup, ESA, Cnes, CSG centre optique
Kourou a de nouveau tremblé sous le feu d’Ariane 6. Mais cette fois-ci, les vibrations étaient encore plus fortes. Car ce mercredi 17 juin, à 13 h 53 heure de Paris (8 h 53 heure locale), Ariane 6 a décollé dans une version plus puissante, depuis le Centre spatial guyanais (CSG), avec 36 satellites de communication Amazon Leo à bord.
C’est le troisième vol de l’année pour le lanceur européen, tous en version lourde A64 - avec 4 propulseurs d’appoints. Ce qui suppose que la montée en cadence des vols prévue cette année reste en bonne voie pour être atteinte, à condition d’accélérer un tantinet. Pour rappel, Ariane 6 doit réaliser 7 à 8 vols en 2026, avant d’installer une cadence de croisière de 9 à 10 vols dès 2027.
Il était attendu depuis longtemps. Le propulseur à poudre d’appoint P120C fait son entrée en version lourde, nommée P160C. Le moteur du propulseur mesure un mètre de plus, sans modifier les dimensions extérieures. Ainsi, il y a certes des modifications à apporter, mais Avio (maître d’œuvre du P160C et du P120C) et ArianeGroup (maître d’œuvre du moteur du propulseur et d’Ariane 6 en général) n’ont pas eu à repartir d’une feuille blanche. Les équipes considèrent tout de même ce vol comme inaugural, le troisième pour Ariane 6 après celui de la version lourde initiale en février, puis le vol inaugural du lanceur il y a deux ans. Au cours des prochaines années, le P160C remplacera définitivement le P120C.
Le P160C peut contenir 14 tonnes de propergol de plus, soit un total de 156 tonnes. La puissance est notamment augmentée car la poudre est plus dense. Chaque propergol gagne donc 10 % en performances. Ce qui, multiplié par quatre, augmente la performance globale du lanceur de 10 à 15 %. D’un point de vue concret, pour Amazon Leo, qui a commandé 18 vols Ariane 6 (dont les 2 premiers qui se sont déroulés en février et avril), c’est la possibilité de déployer 4 satellites de plus par vol, soit un supplément cumulé de 64 satellites si tous les vols à venir suivent cette nouvelle configuration du lanceur. C’est donc l’équivalent de deux vols Ariane 6 en version lourde initiale en plus. Un gain considérable.
Ariane 6 est aujourd’hui un des principaux lanceurs qui déploient la constellation Amazon Leo (ex Kuiper), avec en trois vols un total de 100 satellites déployés cette année. L’opérateur américain fondé par Jeff Bezos a donc déployé plus de 180 satellites depuis janvier, soit autant qu’en 2025. Une accélération certaine mais qui n’est pas encore à la hauteur des espoirs initiaux. 360 satellites en orbite, c’est loin des 1600 promis à la FCC d’être déployés d’ici le mois prochain, afin de conserver les fréquences attribuées par le régulateur fédéral américain.
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Le couperet ne tombera toutefois pas sur la tête d’Amazon Leo. La FCC a levé l’obligation d’Amazon Leo de déployer la moitié de sa constellation d’ici le 30 juillet. Mais il y a quand même une sanction importante : Amazon Leo perd sa priorité spectrale, ce qui pourrait donner l’accès à la concurrence, comme SpaceX.