La supply chain au cœur des tensions géopolitiques
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Safran
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Safran
Après plusieurs années difficiles, le constat est largement partagé : la supply chain va mieux. Las d’avoir vu leurs objectifs de production impactés par les problèmes d’approvisionnement depuis la crise sanitaire, les Airbus, Safran et autres acteurs industriels de l’aéronautique, de la défense et du spatial ont pu savourer l’accélération forte de leurs cadences en 2025. Certes, tout n’est pas encore parfait, comme l’ont rappelé aussi bien Eric Trappier, PDG de Dassault, que Helen McCabe, directrice financière du groupe Rolls-Royce, à l’occasion de leurs résultats respectifs, mais la tendance est largement positive.
Pourtant, un danger fort subsiste, voire s’accroît : celui de l’arsenalisation de la supply chain. Olivier Andriès, directeur général du groupe Safran et président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), n’a pas manqué l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises en ce début d’année. Ce fut le cas dès les vœux du Gifas en janvier : « Nous voyons de plus en plus une tendance, notamment dans le contexte de tensions entre les États-Unis et la Chine, à utiliser une dépendance vis-à-vis d’une chaîne d’approvisionnement critique pour créer un avantage géopolitique. »
Aaron Cooke, directeur de la stratégie et des opérations pour le secteur aéronautique-défense de PricewaterhouseCoopers (PwC), donne la même définition. Il y ajoute néanmoins deux notions : celle d’une arsenalisation défensive, afin de réduire les vulnérabilités, et celle offensive, pour renforcer sa position dominante et, au moins potentiellement, pouvoir mettre à mal les capacités opérationnelles de pays concurrents. Si des entreprises peuvent agir à leur niveau, les leviers sont davantage dans les mains des États dont certains sont très actifs en la matière, précise-t-il.