PDL NG : la DGA au secours de Thales
Rédaction Air & Cosmos
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Voilà un contrat qui était attendu depuis des mois, sinon des années : la DGA confirme ce soir avoir attribué à Thales un premier contrat de "levée de risques" d'un montant de 55 millions d'euros pour lancer les travaux de développement de la nouvelle nacelle de désignation PDL NG (pod de désignation laser nouvelle génération).
Ce faisant, Paris "sauve" les bureaux d'études de Thales Optronique SA (TOSA), dont les syndicats agitaient encore récemment la menace d'une suppression d'environ 250 emplois d'ici à 2014 en cas de non-notification de ce contrat. Il faut dire qu'avec la fin du développement de la nacelle Reco NG et faute de programme structurant dans le domaine des boules optroniques, la charge de travail des ingénieurs avait bien diminué depuis de longs mois. L'activité avait toutefois été maintenue à la faveur de plans d'études amont (PEA) attribués par la DGA à Thales.
Ce premier contrat couvre un peu plus de 10% de la valeur totale prévue pour le programme PDL NG ; celui-ci prévoit en effet le développement et l'achat de 45 nacelles, pour un montant total qui devrait avoisiner les 450 millions d'euros. Le système ne doit pas être opérationnel avant 2018 sur les Rafale au standard F3-R et Mirage 2000D ; les livraisons pourraient s'étaler jusqu'en 2022.
L'objet du programme PDL NG est simple : il s'agit de trouver un remplaçant à l'actuelle nacelle Damocles. Mais si celle-ci avait été développée avec un fort soutien financier des Emirats Arabes Unis, Paris se retrouve seul pour lancer PDL NG. Par rapport à Damocles, PDL NG incorporera notamment un capteur infrarouge d'une résolution doublée (640 x 512 pixels contre 320 x 240 pixels) ainsi qu'une nouvelle caméra TV pour l'identification de petites cibles en environnements complexes.
Demandée par les Emirats Arabes Unis lors des discussions pour l'achat de Rafale, l'intégration de la nacelle Sniper de Lockheed Martin n'a pas été retenue par la DGA pour les opérationnels français, notamment dans un souci de préserver la filière industrielle. L'autre argument fréquemment invoqué par les opposants au Sniper tient à l'incapacité pour la nacelle américaine de tenir les chocs liés à l'appontage et au catapultage dans sa configuration actuelle.
Même si la résolution brute du capteur infrarouge de PDL NG sera inférieure de moitié à celle du Sniper actuel, des sources proches du dossier précisaient l'an dernier à "Air&Cosmos" qu'une technique de "microbalayage" permettra d'en doubler la résolution effective. Ce qui devrait en théorie permettre d'afficher des performances comparables à celles de la nacelle américaine… mais pas avant 2018.
Rédaction Air & Cosmos