MBDA et Safran valident la frappe à longue portée terrestre
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

© MBDA
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

© MBDA
Frapper « vite, loin et fort ». C’est l’objectif du système d’artillerie longue portée Thundart, développé conjointement par MBDA et Safran Electronics & Defense (E&D), qui ont récemment annoncé le succès du premier tir de démonstration, une étape clé franchie à la mi-avril. Les essais ont été menés sur le site de la DGA Essais de missiles de l’île du Levant, après 18 mois de travail conjoint entre le missilier et l’électronicien, pour développer ce système de roquette sol-sol de longue portée. « C’est une réussite totale et complète, se félicite Hugo Coqueret, responsable du business développement combat terrestre chez MBDA. Le tir a surpassé nos attentes, […] valide tous les choix techniques et conforte nos ambitions sur le segment. » L’objectif est de pouvoir proposer une première capacité opérationnelle « à l’horizon 2030 », au moment où l’armée de Terre devra remplacer ses lance-roquettes unitaires (LRU), qui arrivent en fin de vie. Mais le duo MBDA-Safran E&D – qui profite également de l’expertise de Roxel, devenu filiale à 100% du missilier en 2024 – se dit prêt à proposer une première capacité partielle autour de 2029, si « le besoin opérationnel et le contexte géopolitique devaient l’exiger », précise Hugo Coqueret.
Un système flexible
Porté par un camion de Scania France en 8x8 (roues), le lanceur est présenté comme « tout terrain », capable de rouler jusqu’à 90 km/h et disposant d’une autonomie supérieure à 600 km. Le système, qui est équipé du kit de guidage de l’AASM, peut emporter jusqu’à huit roquettes par lanceur. Il est présenté comme résistant au brouillage, donc capable d’évoluer dans un environnement électromagnétique contesté et doté d’une charge militaire de la classe des 100 kg. La munition affiche – logiquement – une portée de la classe des 150 km, correspondant ainsi au cahier des charges de la Direction générale de l’armement, qui a lancé en 2023 le programme FLP-T, pour « frappe de longue portée terrestre ». Un besoin criant pour l’armée de Terre, alors que les retours d’expérience du conflit en Ukraine mettent en avant la nécessité de disposer de systèmes d’artillerie à longue distance.