"En matière de connectivité, la seule limite, c'est l'imagination" (Yannick Assouad, directrice générale adjointe, avionique, de Thales)
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Pensez-vous que la cabine connectée est devenue un incontournable du transport aérien mondial ?
Depuis plusieurs années, et ce phénomène s’est manifesté plus tardivement en Europe qu’ailleurs, les passagers considèrent désormais la connectivité de cabine comme un acquis. En Amérique du Nord, certains voyageurs vont jusqu’à éviter les compagnies qui ne proposent pas de Wi-Fi à bord. La connectivité est devenue la prolongation naturelle de l’expérience numérique vécue au sol, du moins pour la partie dédiée aux passagers. En revanche, cette maturité n’est pas encore atteinte pour les systèmes embarqués et le cockpit. En Europe, la tendance s’accélère néanmoins : Air France, par exemple, a fait le choix de s’équiper de Starlink. Une chose est désormais claire : plus aucun avion ne se vend sans solution de connectivité.
Cette connectivité concerne les systèmes de divertissement à bord (IFE) mais cela va maintenant au-delà, avec notamment l’utilisation de l’Internet des Objets (IoT) ?
Tout dépend de l’infrastructure installée dans la cabine pour assurer cette connectivité. Il y a d’un côté l’antenne et le fournisseur de services, qui apportent le “tuyau”, et de l’autre l’architecture interne de la cabine. Jusqu’à présent, la connectivité servait essentiellement à deux usages : le Wi-Fi passager, relié à l’antenne, et l’IFE, connecté aux serveurs embarqués.
Chez Thales, nous avons introduit à bord une forme de “data center”, appelé Onboard Data Center (ODC), adapté aux contraintes aéronautiques et certifié, mais fonctionnant sur le même principe qu’un data center au sol. C’est ainsi qu’est né FlytEDGE. L’objectif initial était d’amener une architecture Cloud et d’offrir la même flexibilité que celle à laquelle les utilisateurs sont habitués, comme la mise à jour rapide d’applications. Nous avons aussi constaté que cette architecture pouvait aller plus loin : fournir des informations opérationnelles en temps réel (météo, fermeture de piste, décision de déroutement dans des zones sans radio HF), mettre à jour l’IFE en vol, ou encore pousser des contenus importants à toute une flotte de manière proactive et instantanée.
Il est possible d’intégrer des facultés d’intelligence artificielle ?
Oui, c’est possible. Le “Onboard Data Center” embarqué est équipé de “blades” (sortes de cartouches de forme rectangulaire qu’on peut charger dans l’ODC, NDLR) (actuellement nous sommes en train de tester une nouvelle version avec GPU/NPU) pour exploiter les capacités de l’intelligence artificielle. L’IA peut formuler des recommandations aux passagers en fonction de ses préférences, récupérées via le CRM de la compagnie aérienne. C’est une application classique de l’IA que l’on peut intégrer très facilement. Cette architecture ouvre de nombreuses perspectives non seulement en termes de personnalisation et de nouvelles expériences en cabine, mais aussi des améliorations pour des usages opérationnels. En matière d’IFE et les applications de l'IA, la seule limite c’est l’imagination.
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