La période dorée où les grands aéroports régionaux collectionnaient fortes croissances et records de trafic chaque année semble sur le déclin. L'heure est désormais à la stabilisation. Marseille en est l'exemple : après une croissance de près de 13 % en 2012, le trafic a baissé de 0,4 % en 2013 et 0,9 % pour l'année qui vient de s'achever. L'aéroport dispose néanmoins de leviers de croissance, notamment internationaux, et entend bien faire les efforts nécessaires pour les actionner avec une importante vague d'investissements à venir.
Marseille-Provence aura donc accueilli 8 182 237 passagers en 2014. Cette légère baisse est en ligne avec les prévisions faites au début de l'année 2014, qui tablaient sur un recul de 0,5 à 1 %. L'aéroport a pourtant failli faire mieux que prévu sans l'impact de la grève des pilotes d'Air France, qui a provoqué une perte de l'ordre de 120 000 passagers. Si la direction de Marseille-Provence se refuse à faire un bilan avec des « si », la plateforme aurait tout de même pu battre son record de trafic et passer la barre des 8,3 millions de passagers.
Cela ne l'a pas empêché d'améliorer son chiffre d'affaires de 2 % à 130 M€. Si les chiffres doivent encore être audités, le résultat opérationnel (Ebitda) de l'aéroport est lui aussi en progression de 4 %, aux alentours de 37 M€. Pierre Regis, président du directoire de l'aéroport, signale aussi que l'endettement n'est que de 11,7 M€ : « c'est l'endettement le plus faible des grands aéroports français. »
Cette santé financière offre des capacités d'investissement importantes à la plateforme provençale, qui compte bien en profiter. Elle va s'engager dans une des plus importantes périodes d'investissement de son histoire. Après avoir achevé l'extension du terminal à bas coût mp2 en octobre dernier – qui a franchi pour la première fois la barre des 2 millions de passagers – l'aéroport va poursuivre le réaménagement des halls 1, 3 et 4. Tout le parvis et les accès seront réaménagés, avec une nouvelle distribution des flux de circulation et la mise en place d'un espace « piétonnisé ». Les travaux se dérouleront en plusieurs phases entre mai 2015 et juin 2017 au plus tard.
Les trois aérogares seront aussi regroupées sous la marque commune mp1. Cette démarche pourrait s'accompagner d'un rapprochement physique : Marseille-Provence mène en effet des études pour la construction d'un bâtiment de liaison qui joindrait les trois halls à l'horizon 2020. Une jetée d'embarquement pourrait aussi voir le jour, notamment pour l'accueil d'appareils long-courriers. Si ces deux projets se réalisent, ils pourraient nécessiter un investissement minimum de 100 à 150 M€.