L'A400M serait sur le point de sortir de sa zone de turbulences, alors qu’Airbus Defence & Space est toujours en attente de commandes fermes pour pérenniser la production de son avion de transport tactique.La tendance est à l’optimisme. Alors que sept pays de l’Otan (Belgique, Croatie, Espagne, France, Pologne, Royaume-Uni et Turquie) ont décidé de se doter d’une flotte multinationale d’A400M, Airbus Defence & Space avait annoncé quelques semaines plus tôt, lors du salon Eurosatory, le développement de nouvelles capacités de renseignement, surveillance, reconnaissance. Et dès cet été, l’Espagne va réaliser de premiers essais sur feux de forêts réels avec le kit développé par l’avionneur européen, pour pouvoir larguer jusqu’à 20 tonnes de retardant.
L’évolution vers le multimissions
Au moment où l’A400M fête sa première année de pleine capacité opérationnelle au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace, prononcée en juin 2025, douze ans après la livraison du premier exemplaire, les travaux pour en faire un avion multimissions se poursuivent, en particulier dans le domaine des opérations spéciales. C’est tout le sens du contrat signé en juin entre Airbus Defence & Space et l’Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) pour développer le PMS – pour Parallel mission system -, un système de mision intégrant des capteurs supplémentaires (notamment optronique) et des moyens de communication, mais aussi la capacité de gérer des drones et des missiles largués depuis l’avion. Un kit développé en « standalone », donc de manière plus indépendante, avec l’ambition de faire de l’avion un « nœud tactique », explique un spécialiste. Les premiers essais en vol depuis un A400M de l’armée de l’Air et de l’Espace sont prévus en 2028 et « un certain nombre » d’avions seront rétrofités pour intégrer ce kit PMS, indique Airbus DS dans un communiqué – sans doute autour d’une demi-douzaine, selon nos informations.