Un cap pourrait bientôt être franchi dans la conception aérodynamique des voilures d'avions. Des surfaces mobiles d'un genre nouveau sont en train de voir le jour aux Etats-Unis. La NASA et le Laboratoire de recherche de l'US Air Force viennent de mener avec succès une série d'essais de volets de bord de fuite flexibles dans le cadre du projet ACTE (Adaptive Compliant Trailing Edge). Ils se sont déroulés cet été avec un avion Gulfstream d'affaires GIII, dont les volets traditionnels ont été remplacés par des dispositifs hypersustentateurs souples, capables de changer de forme eu cours de vol.
Développés par la société FlexSys et baptisés FlexFoil, ces volets de près de 6 m offrent donc une géométrie variable à l'avion. Ils permettent ainsi d'améliorer l'efficacité aérodynamique de l'aile en l'adaptant aux différentes phases de vol. Grâce à l'utilisation de nouveaux matériaux composites au lieu d'aluminium, le poids de la voilure est aussi réduit. Enfin l'absence d'espace entre l'aile et le volet, lorsque celui-ci est déployé pour les phases de décollage et d'atterrissage, réduit fortement le frottement de l'air et donc le bruit généré. L'avion élimine ainsi l'une de ses principales sources d'émissions sonores.
ACTE rentre dans le cadre du programme ERA (Environmentally Responsible Aviation) de la NASA. Il comprend « huit démonstrations à grande échelle de nouvelles technologies destinées à réduire la trainée, le bruit, les émissions et la consommation de carburant » explique Fay Collier, directeur du programme.
Selon la NASA, le système sera capable d'être implémenté à grande échelle dans l'aviation, que ce soit en retrofit ou sur de nouveaux appareils. De son côté, FlexSys espère pouvoir commercialiser son système et développer de nouvelles applications.