L'Islande veut doper ses arrivées internationales
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Capture d’écran 2022-04-29 à 18.10.41
Media DR
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Si on demande à un Français l'image qu'il a de l'Islande, il y a très fort à parier qu'il parlera de la nature préservée, de la neige, des aurores boréales et des sports d'hiver mais pour les lieux, surtout de Reykjavik et du « Blue Lagoon », le lac artificiel d'eau chaude issu de la centrale géothermique de Svartsengi, situé dans la commune de Grindavik. Cette commune est localisée sur la péninsule sud-ouest de l'île où se trouve aussi l'aéroport international de Keflavik qui est la porte d'entrée internationale pour la capitale islandaise, Reykjavik, distante d'une cinquantaine de kilomètres (qui dispose aussi d'un aéroport domestique). Cette très forte centralisation des flux de passagers, symbolisée par le hub d'Icelandair et de PLAY, notamment pour connecter vers les États-Unis, vient aussi de la répartition de la population islandaise. En effet, sur les 364 000 habitants que compte la population islandaise, plus du tiers est concentré dans la capitale. La campagne de promotion et de développement de l'attractivité des aéroports secondaires islandais, mise en place par l'ensemble des autorités touristiques et par ISAVIA, le gestionnaire aéroportuaire islandais, vise autant à désengorger Keflavik que de donner à découvrir les très grands atouts touristiques de territoires méconnus, du Nord et de l'Est du pays notamment, et de développer une offre différente pour les « repeaters ». Des études de marché ont ainsi montré que les visiteurs ayant déjà fait un voyage en Islande étaient très majoritairement désireux de pouvoir éviter Keflavik pour des voyages ultérieurs. C'est notamment ce qui est ressorti du travail de préparation qui a été effectué pour le lancement de la nouvelle compagnie Niceair. « Nous avons ainsi pu observer que 70 % des visiteurs souhaitant revenir en Islande préféraient venir directement dans le nord de l'île, en évitant le passage à Reykjavik », explique Thorvaldur Ludvik Sigurjonsson, directeur général et fondateur de Niceair.
Pour mémoire, ISAVIA, le gestionnaire aéroportuaire gère un total de trois aéroports internationaux (Keflavik, Akureyri, Egilsstadir) et neuf aéroports domestiques en Islande. Il y a, sur tout l'ensemble du territoire islandais (îles voisines de l'île principale comprises), un total de 98 aéroports, aérodromes ou pistes d'atterrissage dans des lieux plus isolés. Pour attirer les nouveaux opérateurs sur les aéroports d'Akureyri et d'Egilsstadir, ISAVIA a mis en place un programme de subventions sur trois ans pour tout transporteur venant opérer des vols réguliers vers ces aéroports régionaux : 100 % de réduction sur les taxes d'atterrissage et passagers la première année, 90 % de réduction la deuxième année et 75 % la troisième année. Par ailleurs, pour un programme de six vols par saison, le Fonds de développement des routes islandaises apportera à la compagnie aérienne une subvention qui s'élève à 18 € par passager arrivant en Islande. Celle-ci pourra être cumulée avec le régime d'incitation mis en place par chaque aéroport correspondant à une subvention de 25 € par passager arrivant sur le territoire. Une subvention complémentaire de 60 000 € pourra aussi être accordée à l'opérateur. Le Fonds de développement des routes islandaises pourra accorder jusqu'à 1,5 M€ de subvention jusqu'en 2023. Les inscriptions sont ouvertes pour déposer une candidature. Le projet de création de ce fonds remonte à 2015 mais il est véritablement mis en oeuvre depuis que ses règles d'application ont été ratifiées par le ministère islandais de l'Industrie et du Commerce, le 16 avril 2021.