Le trafic aéroportuaire poursuit son rétablissement... mais reste au niveau de 2013
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Avec un total de près de 174 millions de passagers, le trafic des aéroports français a poursuivi en 2022 sa dynamique de reprise, avec une augmentation de 91,8 % par rapport à 2021, une année encore fortement influencée par l'impact de la crise du transport aérien lié à la pandémie de la Covid-19, selon les chiffres fournis par l'UAF (Union des aéroports français). Néanmoins, comparativement à l'année 2019, c'est-à-dire le niveau pré-crise, le trafic aéroportuaire français global reste encore en retrait de 18,8 %. Les aéroports français ont attiré très exactement 173 955 056 passagers commerciaux l'année passée, contre plus de 214 millions de passagers en 2019. Ce niveau renvoie le trafic aéroportuaire global français au niveau du trafic de 2013 (172 millions de passagers). C'est dire la violence du coup de frein que le trafic aérien et aéroportuaire français a subi pendant deux ans et demi de restrictions sanitaires et de confinement. En 2022, le nombre de mouvements commerciaux est également plus faible que celui de 2019, avec un total de 1 653 691 mouvements commerciaux contre 1,97 million en 2019, soit une baisse de 16 %. Le nombre de mouvements commerciaux en 2013 était de 1,89 million. Le nombre de mouvements commerciaux de 2022 est donc en deçà de 12,6 % par rapport au niveau de 2013. Ainsi, pour un niveau de tra«c équivalent en 2013 et 2022, le nombre de mouvements d'aéronefs est moindre. Il y a donc aujourd'hui plus de passagers mais moins de mouvements d'avions, résultat du meilleur remplissage des aéronefs. Tout au long de l'année 2022, le trafic a augmenté régulièrement et progressivement : alors que le trafic passagers de janvier 2022 correspondait à 53 % du niveau de janvier 2019, le trafic de décembre 2022 représentait 93 % du niveau de décembre 2019. À partir du mois de mai 2022, les trafics mensuels de chaque mois ont été supérieurs à 80 % du trafic mensuel 2019. Comparativement aux autres pays européens limitrophes ou proches, le trafic aéroportuaire français 2022 fait mieux que celui de la Grande-Bretagne (- 24,8 % par rapport à 2019), la Belgique (- 21,3 %), les Pays-Bas (- 25,1 %), la Suisse (- 25,4 %), et l'Allemagne (- 34,9 %). En revanche, la France fait moins bien que le Portugal (- 5,8 % par rapport à 2019), l'Espagne (- 11,4 %), l'Italie (- 17,9 %) et l'Irlande (- 14,5 %).
Le trac européen 2022 est en croissance de 122% par rapport à 2021, mais est toujours en retrait de 21% par rapport à 2019. Les plateformes parisiennes représentent plus de la moitié du trac des aéroports métropolitains (53,3%, une proportion équivalente à celle de 2019). Avec encore des marchés long-courriers perturbés, l'aéroport Paris CDG est en retrait de 25% par rapport à son trac de 2019, tandis que Paris- Orly plus tourné vers le court et moyen-courrier, affiche une baisse de seulement 8%. Au total, les deux plateformes parisiennes ont accueilli 87 millions de passagers, soit plus du double de celui de 2021, mais seulement 80% du niveau de 2019. Sur les autres aéroports métropolitains, on retrouve le même ordre de grandeur avec un trafic encore en retrait de 19% par rapport à 2019. Après les deux plateformes parisiennes, le plus important des aéroports métropolitains en termes de trafic est celui de Nice-Côte d'Azur. La plateforme azuréenne a accueilli en 2022 un total de 12,1 millions de passagers, soit une croissance de 85,3% par rapport à 2021, mais encore un retrait de 16,3% par rapport à 2019. En 2022, ce sont les aéroports régionaux (ayant un trafic compris entre 1 et 5 millions de passagers en 2019, selon la nomenclature de l'UAF) qui affichent le meilleur rebond. Avec près de 14 millions de passagers, le trafic de ces aéroports est en retrait de 6% par rapport au trac de 2019. À noter que dans les quinze premiers aéroports français, les deux seules plateformes régionales à avoir rattrapé la dynamique de 2019 sont Beauvais-Tillé et Ajaccio- Napoléon Bonaparte. Le premier a accueilli l'année passée un total de plus de 4,6 millions de passagers, soit une croissance de 122,5% par rapport à 2021 et de 15,8% par rapport à 2019. Ajaccio, le principal aéroport corse a accueilli pour sa part près de 1,7 million de passagers, soit une hausse de 17,8% par rapport à 2021 et de 2,7% par rapport à 2019. Les aéroports de proximité (aéroports régionaux ayant un trac compris entre 500 000 et 1 million de passagers en 2019) ont vu leur trafic rester inférieur de 22,9% par rapport à 2019, mais c'est une catégorie d'aéroports où il existe le plus de disparités entre aéroports. Parmi eux, des aéroports comme Figari-Sud Corse et Calvi-Sainte Catherine ont dépassé leurs niveaux de tracs de 2019 (+21,2% et +3%) ou s'en rapprochent comme Caen (-1,1 %), alors que d'autres aéroports se situent encore à moins de 50% de leur niveau de trafic de 2019. Les grands aéroports régionaux (aéroports régionaux de plus de 5 millions de passagers annuels en 2019) qui représentent plus d'un tiers du trafic métropolitain, ont vu en 2022 leur trafic diminuer de 20,9% par rapport à 2019. Ils ont accueilli l'année passée un peu plus de 55 millions de passagers contre plus de 70 millions en 2019. Au-delà des différences entre les catégories d'aéroports, la reprise est bien différente selon les aéroports. En effet, en 2022, seulement 55% des aéroports français ont retrouvé plus de 80% de leur niveau de trac de 2019 (49% pour les aéroports métropolitains).