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Procès vol AF447 : le parquet général joue les prolongations

Photo de Yann Cochennec

Yann Cochennec

Publié le 27 avril 2023 à 10:38

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Malgré un non-lieu en 2019 et une relaxe en avril dernier, le parquet général a décidé de faire appel du jugement du tribunal correctionnel. Il est vrai que ce dernier, dans son jugement, avait ouvert la voie à des prolongations.

Crash du vol AF447 Rio-Paris : une relaxe pourtant logique

Le constructeur Airbus et la compagnie aérienne Air France, poursuivis pour homicides involontaires après le crash en 2009 du vol AF447 Rio-Paris qui a fait 228 morts, avaient été relaxés le 17 avril dernier. Près de quatorze ans après la catastrophe, le tribunal correctionnel de Paris avait mis hors de cause les deux entreprises, jugeant que, si des «fautes» avaient été commises, «aucun lien de causalité certain» avec l'accident n'avait «pu être démontré». Dans la nuit du 1er juin 2009, l'Airbus A330 du vol AF447 entre Rio de Janeiro et Paris s'était abîmé au milieu de l'Atlantique, entraînant la mort des 216 passagers et des 12 membres d'équipage. La justice française avait dans un premier temps prononcé un non-lieu dans cette affaire en 2019 mais cette décision avait été invalidée deux ans plus tard en appel, ouvrant la voie à la tenue d'un procès en correctionnelle pour "homicides involontaires", malgré des recours en cassation d'Air France et d'Airbus, jugés irrecevables en août 2022.

Mais un jugement qui ouvrait la voie à un appel

Pour autant, le jugement du tribunal correctionnel ouvrait la voie à un appel puisqu'il estimait en même temps que Airbus avait commis des "imprudences" et des "négligences", même si "aucun lien de causalité certain n'a pu être démontré avec l'accident". Et pour cause : des incidents similaires se sont à nouveau produits après l'accident du vol AF 447 malgré les changements des modèles de sondes incriminées. Curieusement, parmi les "imprudences" reprochées à Airbus : une rétention d'information qui n'a pas permis un partage d'informations entre compagnies aériennes et de ne pas avoir imposé le remplacement sur les A330 et A340 des sondes incriminées. Ce qui est contradictoire avec le texte du jugement de ce même tribunal correctionnel qui reconnait en effet que des incidents similaires se sont reproduits après l'accident malgré les changements de sonde.

Yann Cochennec

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