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Consolidation aérienne : l'Europe met les freins

Photo de Jean-Baptiste HEGUY

Jean-Baptiste HEGUY

Publié le 13 avril 2024 à 10:00

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N2973 ● 05 juin 2026

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Dans le dossier de reprise d'ITA Airways par Lufthansa, comme dans celui (plus avancé) de la reprise d'Air Europa par le groupe IAG, la Commission européenne joue les prolongations et demande d'importantes concessions pour empêcher des entraves à la concurrence, Bruxelles, quitte à passer pour une empêcheuse de voler en rond, ne fait malgré tout que son travail. Pendant ce temps, Air France-KLM avance plus prudemment.

Depuis que Rome avait signé, en mai 2023, la reprise de la compagnie ITA Airways avec Lufthansa, après de nombreuses années de tergiversations du gouvernement italien, avec, pour rappel, un premier choix de l'offre du fonds d'investissement américain Certares, soutenu par Air France et Delta Airlines sous l'ancien gouvernement de Mario Draghi, qui avait été finalement dénoncé par Giorgia Meloni, on pensait que le dossier de privatisation d'ITA Airways était en voie de finalisation. C'était sans compter sur le poids de la Commission européenne en matière de concurrence, malgré le fait que cette dernière ait donné le feu vert au décollage de la nouvelle compagnie et à un nouveau financement public de 1,35Md€, a condition que ITA Airways finisse par, effectivement, voler de ses propres ailes.

Lufthansa menace de se "désengager"

Selon le deal prévu initialement, la compagnie allemande doit prendre 41% d'ITA Airways pour la somme de 325M€ dans un premier temps, avec une option d'achat pour les actions restantes. La Commission européenne a reçu notification de l'accord sur la fusion le 30 novembre 2023. L'exécutif européen a ainsi lancé une première phase d'examen de cet accord. Dans ce cadre, des discussions ont été engagées entre les autorités européennes et la direction de Lufthansa avait fait des premières propositions pour résoudre des problèmes de concurrence éventuelle. « L'opération pourrait réduire la concurrence (…) pour plusieurs liaisons court-courriers et long-courriers» à destination et au départ de l'Italie. L'exécutif européen a précisé que « le 8 janvier 2024, Lufthansa avait présenté des engagements visant à remédier à certains problèmes », mais «qu'ils ne suffisaient toutefois pas (…) à dissiper clairement les craintes exprimées » par la Commission européenne à ce sujet.

Bruxelles a donc lancé une enquête de phase 2, dite « approfondie » avec une date butoir fixée au 6 juin 2024, soit une enquête de 90 jours ouvrables. Dans le communiqué l'annonçant, la Commission européenne a rappelé ses constatations sur les conséquences de l'accord de fusion. Outre la réduction de la concurrence éventuelle sur les liaisons court-courriers entre l'Italie et plusieurs pays d'Europe Centrale, la Commission a annoncé qu'elle examinerait plus avant, en ce qui concerne les liaisons long-courriers entre l'Italie et l'Amérique du Nord, si les activités d'ITA Airways, de Lufthansa et de ses partenaires de l'entreprise commune, United Airlines et Air Canada, doivent être considérées comme les activités d'une seule et même entité après la concentration. L'exécutif européen a aussi annoncé que « l'opération pourrait réduire la concurrence sur certaines liaisons long-courriers entre l'Italie et les États-Unis, le Canada, le Japon et l'Inde, compte tenu de l'étroite concurrence entre ITA, Lufthansa ou les partenaires de l'entreprise commune de Lufthansa - avec des vols sans escale ou des vols pratiques comportant une escale et des sites aéroportuaires faciles d'accès - et de la concurrence potentiellement limitée de la part d'autres compagnies aériennes offrant des liaisons attrayantes». L'opération pourrait aussi « engendrer une position dominante d'ITA à l'aéroport de Milan-Linate ou renforcer celle-ci, ce qui pourrait rendre plus dicile, pour les concurrents, la fourniture de services de transport aérien de passagers au départ et à destination de cet aéroport.

Jean-Baptiste HEGUY

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