Décarbonation aéroportuaire : les projets avancent en régions
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La Commission européenne et la Caisse des dépôts ont communiqué le 15 mai dernier sur le soutien financier de onze nouveaux projets de décarbonation dans le secteur des transports en Europe, dont cinq concernent des aéroports français régionaux : Bordeaux-Mérignac, Lyon-Saint Exupéry, Bâle-Mulhouse, Marseille-Provence, et Nantes-Atlantique. Pour mémoire, ces projets doivent permettre de contribuer aux objectifs définis dans le Pacte vert pour l’Europe (« Green Deal ») et à la nécessité d’accroître l’indépendance énergétique de l’Union Européenne. La décarbonation des transports, en particulier le secteur aérien, est une priorité du Pacte Vert pour l’Europe, avec l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050. L'initiative ReFuelEU soutient l'usage croissant de carburants durables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'aviation. En parallèle, l'électrification des services aéroportuaires au sol est devenue une priorité.
Ces projets ont été distingués via l’appel à projets « CEF-Transport-Alternative Fuels Infrastructure Facility ». Pour les onze projets français (dont les cinq projets aéroportuaires), la Commission européenne a ou va allouer 52 millions d’euros de subventions, tandis que la Caisse des dépôts va verser 56 millions d’euros (en investissements et en quasi-fonds propres).
Pour l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, le projet d’un montant de 6,5 millions d’euros, sera subventionné à hauteur de 2 millions d’euros par la Commission européenne. Le projet vise à déployer des infrastructures électriques en 400 hertz alimentées par une énergie 100 % renouvelable, certifiée par des garanties d'origine. Il permet de contribuer à la réduction des émissions de CO2 des avions en escale sur l’aéroport, d’améliorer la qualité de l’air et l’empreinte sonore sur les pistes. Dans le cadre de sa stratégie « Ressources 27 », l’aéroport de Bordeaux a pour objectif d’atteindre le « net zéro » émission de carbone avec compensation en 2029 pour ses propres émissions (scope 1 et 2). Dans une perspective industrielle élargie (scope 3, c’est-à-dire les émissions indirectes), l’aéroport s’engage également à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires à réduire l’empreinte environnementale de toute la chaine du transport aérien. En électrifiant les opérations au sol, le projet permettra de diminuer le scope 3 d’environ 4 100 tonnes d'émissions de CO2 par an, à horizon 2027. L’électrification des postes de stationnements des avions a commencé en 2019 par le Hall A. A ce jour, 9 postes sont équipés en 400 hertz sur les 29 de l’aéroport. L'accord signé avec la Commission européenne accélère le processus et vise le remplacement d’ici fin 2026 de la totalité des 20 postes de stationnement restant destinés aux vols commerciaux. L’aéroport et la Commission européenne financeront également la mise à disposition aux compagnies aériennes et à leurs assistants en escale d’un système d'air climatisé électrique (PCA), permettant aux pilotes d’éteindre complètement les moteurs auxiliaires des avions, réduisant encore les émissions de CO2. Le plan d’électrification s’effectuera en deux temps avec une première phase qui vient de s’achever avec l’équipement de 5 postes de stationnement. Au terme du processus, les escales des avions à Bordeaux seront 100% électriques en 2026. A noter qu’en début d’année 2024, l’aéroport de Bordeaux-Mérignac a obtenu le niveau 3 « Optimisation » de l’Airport Carbon Accreditation (ACA), le programme de décarbonation aéroportuaire mis en place par ACI (Conseil international des Aéroports).