Congrès annuel : L’UAF plaide pour une stratégie nationale du transport aérien
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C’est une ambiance étrange qui régnait le 3 décembre dernier lors du Congrès annuel de l’UAF (Union des aéroports français). Alors que le débat parlementaire faisait encore rage autour du projet de loi de finances à l’Assemblée Nationale, tous les discours et les interventions bruissaient principalement du projet de relèvement de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d’avions) à hauteur de 1 milliard d’euros, avec toutes les conséquences délétères qu’elle allait avoir sur la connectivité et sur la demande de transport aérien. L’ambiance était d’autant plus morose que ce quasi-triplement de taxe envisagé se serait ajouté à une fiscalité déjà très lourde pesant sur le financement des infrastructures aéroportuaires et du transport aérien général.
Par une sorte d’effet d’aubaine, la motion de censure qui a fait tombé le gouvernement Barnier le 4 décembre, a ipso facto annulé l’ensemble du projet de loi de finances et fait tombé la hausse tant redoutée de la TSBA. Cela allège un peu le cœur des compagnies aériennes (qui ont déjà annoncé qu’elles allaient rembourser les passagers des hausses tarifaires anticipées pour compenser le relèvement de la TSBA) et des opérateurs aéroportuaires, mais cela ne doit pas cacher une situation qui est déjà complexe et très lourde à porter fiscalement.
« Les perspectives pour le transport aérien sont claires : l’aviation va se développer rapidement à l’échelle mondiale. La France ne doit pas rester à l’écart de cette dynamique. Il est crucial d’augmenter les capacités de développement et de financement du transport aérien français pour créer de la richesse, des emplois et améliorer la mobilité, tout en investissant dans la décarbonation », réaffirme l’UAF. Il est d’autant plus important de repenser l’ensemble du système de financement aéroportuaire que plus que jamais, on observe une très grande volatilité des compagnies aériennes qui recherchent avant tout la profitabilité des lignes en bougeant leurs actifs d’un aéroport à l’autre. « Air France a quitté Orly et va quitter Strasbourg. Ryanair a quitté l’aéroport de Bordeaux et Easyjet ferme ses lignes au départ de Paris-Beauvais et supprime sa base de Toulouse. La liste est longue et loin d’être close », rappelle Thomas Juin, le président de l’UAF. Rappelons par ailleurs que Ryanair n’avait pas hésité à menacer de quitter dix aéroports régionaux français si les augmentations prévues de la TSBA étaient mises en œuvre.