Nouveaux entrants : le manque d’avions décale encore les lancements
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Quand la nouvelle compagnie saoudienne Riyadh Air avait dévoilé ses ambitions à la veille de l’ouverture de l’édition 2023 du Salon aéronautique du Bourget, dans le cadre prestigieux de l’Hôtel Crillon de Paris, le nouvel entrant du Moyen-Orient avait été très confiant sur un possible lancement à l’horizon 2025. Nous sommes bientôt à la mi-année 2025 et la start-up n’a toujours pas décollé.
Le 22 janvier 2025, la compagnie aérienne avait déjà fait un point en annonçant qu’elle était contrainte de reporter son lancement en se gardant de prévoir une date de lancement précise mais en tablant sur la fin 2025. Ce premier report avait été fait en début d’année alors qu’elle devait initialement recevoir huit des 39 Boeing 787 Dreamliner qu’elle a en commande (plus des options pour 33 avions supplémentaires). « Je suis confiant, compte tenu des dernières prévisions, que nous aurons des livraisons cette année. Est-ce totalement sans risque ? Evidemment non, ce n’est pas le cas », avait alors déclaré Tony Douglas, directeur général de Riyadh Air dans une interview accordée à l’agence Bloomberg. A l’époque, le directeur général de l’IATA (Association Internationale de Transport Aérien) n’avait pas hésité à donner de la voix. « C’est situation nous mécontente, voire nous met en colère, parce que cela n’a que trop duré. Les avions ne sont pas livrés à temps, ce qui provoque beaucoup de problèmes pour notre secteur. Nous ne voyons pas de retour à la normale post-pandémie, c’est très décevant, nous espérions que les grands acteurs auraient résolu ces problèmes à l’heure actuelle », tonnait-il. « Et ce n’est pas seulement dû à Boeing, qui a eu sa part de problèmes : Airbus n’a pas livré ses avions à temps. Quant aux fabricants de moteurs, ils ont été, je trouve particulièrement mauvais », avait-il ajouté.
Près de six mois plus tard donc, la jeune compagnie saoudienne n’a toujours pas reçu ses premiers Boeing, pas plus que les 60 Airbus A321neo pour lesquels Ryadh Air a signé une commande ferme le 30 octobre 2024.
En Europe aussi, les compagnies nouvelles entrantes ont été obligées de revoir leurs plans de lancements mais dans certains cas, c’est aussi à cause d’un choix d’avion très spécifique que les retards sont apparus. C’est ainsi le cas de la compagnie britannique Global Airlines. Cette compagnie a été fondée par James Asquith, en 2021. Ce globe-trotter, qui avait déjà visité 196 pays dans le monde à l'âge de 24ans, a décidé de «réhabiliter» le super jumbo Airbus A380 sur le transatlantique, a un moment où la mode des très gros porteurs est passée et où les compagnies privilégient de plus en plus les monocouloirs à long rayon d'action pour privilégier la fréquence à la capacité. La compagnie avait initialement prévu de lancer ses premiers vols au printemps 2024, mais elle a finalement un premier report au second semestre 2024, avant un second report à 2025. Un ajustement forcé par des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement, et avec ses partenaires. Cette décision souligne les défis logistiques et opérationnels inhérents à l’industrie aéronautique, en particulier lorsqu’il s’agit d’intégrer un appareil aussi complexe et distinctif que l’A380 dans une nouvelle flotte. Global Airlines qui prévoit à moyen terme d’avoir dans sa flotte quatre Airbus A380, a finalement pu récupérer pour l’instant deux appareils. Le premier d’entre eux est arrivé en mai 2023, ayant appartenu auparavant à Singapore Airlines et au loueur Hi Fly Malta. Le second appareil a été obtenu auprès de China Southern et est arrivé à la fin de l’année 2024. Cette arrivée a pu accélérer le lancement effectif des activités de la compagnie. Elle a donc annoncé qu’elle lancerait son vol inaugural entre Glasgow et New York-JFK le 15 mai prochain, grâce à un accord de « damp lease » avec Hi Fly Malta (ndlr : l’appellation britannique du terme générique « wet lease », qui implique que le loueur va non seulement fournir l’avion mais aussi l’ensemble des équipages et prendre en charge la maintenance et les assurances (selon l’acronyme ACMI : « Aircraft, crew, maintenance and insurance). Selon ce que la compagnie a prévu, l’avion devrait rester à New York quatre jours et revenir ensuite à Glasgow le 19 mai. Global Airlines prévoit ensuite d’opérer un vol entre Manchester et New York le 21 mai. A la mi-avril, la compagnie britannique très gros porteur a dévoilé ses premiers tarifs avec des prix aller-retour démarrant à un peu plus de 1000 dollars en classe économique (un peu plus de 888 euros) , 4 875 dollars (près de 4 300 euros) en classe affaires et près de 9 000 dollars (7 934 euros) en première classe !