Congrès 2025 : la FNAM demande un moratoire fiscal sur l’aérien
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« Nous sommes dans une période chahutée. Dans un monde troublé, notre conviction est que nous avons plus que jamais besoin d’un transport aérien dynamique, vecteur de liens sociaux. Et loin d’une vision décroissante ou élitiste du transport aérien que certains présentent, notre objectif demeure d’en faire bénéficier le plus grand nombre dans une trajectoire de durabilité et pour cela nous avons besoin de l’accompagnement de l’Etat. En 2024, il faut quand même rappeler que l’offre aérienne sur le marché français aura été marquée par une évolution moindre que sur les autres marchés européens puisque nous n’avons eu que 2% de croissance du nombre de mouvements en France et c’est le pays qui a eu la croissance la plus faible avec la Norvège dans les dix principaux marchés européens. Au global, en matière de croissance du nombre de mouvements d’avions, la France ne s’est classée que 33eme sur les quarante marchés dont s’occupe Eurocontrol. Et malheureusement, cette situation perdure en 2025. Si on regarde la situation de l’offre aérienne à l’été 2025, ce phénomène de décrochage entre la France et les autres marchés européens se poursuit. La France sera le seul pays à afficher une diminution de son offre aérienne à l’été 2025 par rapport à l’été 2024, alors que nous étions censés profiter d’un effet report des JO. Aujourd’hui, la France est de plus en plus un pays survolé plutôt qu’un pays desservi. La France bascule cet été au sixième rang des nations européennes pour l’importance de son offre aérienne et nous avons été doublés par la Turquie et l’Italie. Ce phénomène de décrochage nous inquiète beaucoup », a commencé Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération nationale de l’Aviation et ses Métiers.
« Si on regarde l’évolution du prix des billets, nous constatons qu’après une phase de décroissance du prix des billets, en avril et en mai 2025 le mouvement de hausse du prix des billets s’est rétabli. En avril, les tarifs aériens ont été en augmentation de 5,4% par rapport à avril 2024 et de 1,9% en mai 2025 par rapport à mai 2024, et nous y voyons l’impact de la hausse de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d’avions) qui est intervenue très récemment. Je le redis avec beaucoup de force. Ce choc de fiscalité qu’a subi le transport aérien français a été considérable et il s’est passé dans un contexte plus général que la simple augmentation de la dite TSBA. Il y a eu un contexte inédit d’augmentation de taxes : la taxe d’infrastructures longue distance, la hausse des redevances de navigation aérienne, la hausse de la taxe sécurité/sûreté, la mise en œuvre du nouveau paquet de mesures environnementales européennes « Fit for 55 »… Et il faut avoir à l’esprit que le surcoût cumulé pour le transport aérien français pour la seule année 2025, c’est 1,35 milliard d’euros, qui porte le total des ponctions, taxes et autres à près de 4 milliards d’euros ! Cette fiscalité globale, aujourd’hui, elle nous rapproche de celle de l’Allemagne, qui est le pays qui taxe le plus le transport aérien dans toute l’Europe. Et il faudrait que l’expérience des autres nous inspire et nous donne quelques leçons ! Aujourd’hui le transport régional allemand n’est qu’à 17% de son niveau de 2019 et que le président de Lufthansa a déclaré récemment que pour la première fois de son histoire, le groupe aérien allemand opérait plus d’avions en dehors des frontières de l’Allemagne qu’au départ du marché allemand. C’est un sérieux avertissement pour la France. Je voudrais rappeler que sur 27 pays de l’Union européenne, 20 ne taxent pas spécifiquement le transport aérien. Et des pays qui taxaient, comme la Suède et l’Allemagne, sont en train de revenir sur cette politique de taxation, pour privilégier la croissance du développement économique et pour privilégier l’attraction touristique du pays », répète Pascal de Izaguirre. « Nous demandons donc un renoncement à toute augmentation de la fiscalité, et donc un moratoire sur la fiscalité. Nous ne demandons pas un moratoire sur la hausse de la TSBA. Nous demandons un moratoire sur le niveau global de fiscalité. Car nous entendons déjà dans le cadre du projet de loi de finances 2026, de la création de nouvelles taxes, notamment une taxe sur les passagers franciliens pour financer IDF Mobilités. Nous pensons que cela serait une aberration et donc nous considérons que la stabilité fiscale est un impératif pour notre secteur.