Crash d'Air India : Une coupure d’alimentation du carburant à l’origine de l’accident ?
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S’agirait-il d’une erreur humaine ? Un mois après le crash du vol 171 d’Air India, intervenu le 12 juin à proximité de l’aéroport d’Ahmedabad, et qui a fait au total 260 victimes (241 à bord de l’avion, 19 au sol) et 1 survivant, le Bureau indien d’enquête sur les accidents d’avions (AAIB) a publié son rapport préliminaire sur les circonstances de l’accident, dont Air&Cosmos a pu se procurer une copie, en attendant une analyse plus complète des boîtes noires qui devrait encore durer plusieurs mois.
Rappelons que traditionnellement, les avions de lignes sont équipés de deux types de boîtes noires : les CVR (Cockpit Voice Recorder) qui enregistrent l’ensemble des conversations du cockpit, plus tous les sons, alarmes ou bruits inhabituels et les FDR (Flight Data Recorder) qui enregistrent tous les paramètres de vols. Dans les avions de dernière génération, comme c’est le cas pour le Boeing 787-8, il y a en fait deux EAFR (« Enhanced Airborne Flight Recorders », ou « enregistreurs de vol aérien améliorés) qui combinent chacun CVR et FDR ce qui donne de la redondance au système en cas de panne, et permet d’avoir accès à toute les informations du vol, même si une seule des deux boîtes noires seulement est retrouvée.
C’est donc les informations recueillies auprès des EAFR qui ont montré que le Boeing a décollé à 8h38 et 39s (UTC), soit à 13h38 et 39 secondes en heure locale. L’avion a atteint sa vitesse maximale de 180 nœuds (soit 333,36 km/heure) à environ 13h38 et 42 secondes. C’est à ce moment même, soit trois secondes après le décollage, que les interrupteurs d’alimentation de carburant des moteurs gauche (n°1) et droit (n°2) sont passés de la position « RUN » (marche) à la position « CUT OFF » (arrêt) à une seconde d’intervalle. Le rapport indique que dans l’enregistrement vocal du cockpit, on entend un des pilotes demander à l’autre pourquoi il a coupé le moteur. L’autre pilote répond qu’il ne l’a pas fait. Les deux moteurs ont conséquemment perdu de la puissance et sont entrés dans une phase de décélération. Dans un intervalle de dix secondes, les deux interrupteurs ont été remis en position « marche », ce qui a déclenché une séquence de de rallumage automatique des moteurs par le système de commande numérique à pleine autorité (FADEC). « La température des gaz des deux moteurs a augmenté, indiquant un redémarrage », indique le rapport. « La décélération du cœur du moteur 1 s'est arrêtée, s'est inversée et a commencé à progresser vers la récupération. Le moteur 2 a pu redémarrer, mais n'a pas pu stopper la décélération de la vitesse du cœur et a réintroduit du carburant à plusieurs reprises pour augmenter l'accélération de la vitesse du cœur et la récupération. »