Transport aérien français : la FNAM sonne l’alerte au décrochage
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Une fois n’est pas coutume, c’est avec l’appui de l’IATA (Association internationale de transport aérien), en la personne de Rafael Schvartzman, vice-président régional Europe de l’organisation, que la FNAM (Fédération nationale de l’Aviation et ses métiers) a présenté à la presse un focus sur l’évolution sur les derniers mois du trafic aérien français. Et ces données sont plutôt inquiétantes.
Les huit premiers mois de l’année 2025 mettent en évidence une situation paradoxale pour le transport aérien français. Alors que la demande mondiale en mobilité reste dynamique, le marché français affiche des signes inquiétants de stagnation, voire de recul, face aux principaux marchés européens. Cette tendance reflète un désengagement progressif des compagnies opérant en France, qui ajustent leurs capacités. En volume, le trafic global de, vers et en France n’a progressé que de +3,3 % depuis janvier, contre +5,3 % l’année précédente. Elle était encore en hausse de 4,7% au premier trimestre. Du côté de l’offre, la France est aujourd’hui reléguée au sixième rang européen, alors qu’elle occupait encore la quatrième place en 2024. Cette dégradation s’explique notamment par une stagnation des sièges offerts à partir du deuxième trimestre 2025, dans un contexte où l’Europe dans son ensemble continue de croître. Pour la période estivale la capacité aérienne en France (144,6 millions de sièges offerts) était en légère hausse de 0,2% en 2025 par rapport à la période estivale 2024. Elle était précédée par l’Espagne (232,7 millions de sièges offerts, en hausse de 2,46%), le Royaume-Uni (228 millions de sièges, +1,69%), l’Italie (171,5 millions de sièges, +1,95%), l’Allemagne (167,2 millions de sièges, +0,51%) et la Turquie (145,9 millions de sièges, +4,25%). Plus préoccupant encore, le réseau intra-européen au départ de la France est désormais en baisse (-1,4 % au deuxième trimestre 2025 et -1,5% au troisième trimestre), une évolution unique parmi les grands marchés. « Ce que nous observons, c’est une forme de décrochage français dans un environnement européen pourtant favorable. Les compagnies aériennes réallouent leurs capacités vers des pays plus compétitifs. Ce n’est pas une hypothèse : c’est un fait », alerte Pascal de Izaguirre, Président de la FNAM.