Concertation Paris CDG : la multi-modalité et les mobilités en pointe
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Après trois mois de concertation (entre le 8 avril et le 8 juillet), le groupe ADP a récemment rendu public le bilan réalisé concernant le schéma d'aménagement de Paris CDG à l'horizon 2035-2050. Le dispositif de la concertation a été extrêmement large : 1 million de dépliants distribués dans les boîtes aux lettres, 55 rencontres avec le public (28 points participatifs, 10 ateliers participatifs, 6 réunions, 4 réunions plénières, 4 visites participatives, 2 permanences, 1 réunion avec les lycéens. Le périmètre de la concertation couvrait 765 communes dans 9 départements (Val-d'Oise, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne, Oise, Val-de-Marne, Paris, Hauts-de-Seine, Yvelines et Aisne). La concertation a recueilli 103 cahiers d'acteurs (à destination des professionnels et des associations), 6 388 contributions et 20 476 avis.
Sur les 20 476 avis recensés, un total de 7 128 avis se sont rapportés à l'axe 1 de la concertation. Il concerne les mobilités et le développement de la grande gare multimodale de CDG2. Elle accueille pour l'instant un trafic de 15 millions de passagers, mais ce trafic devrait doubler à l'horizon 2030 et tripler à l'horizon 2050. Les objectifs de l'axe vise à dépasser une vision centrée sur l'aviation seule, en assumant le rôle majeur du train, non seulement comme mode d'accès à la plateforme mais aussi pour les correspondances, développer et favoriser toutes les mobilités collectives pour les passagers, les salariés et les habitants des territoires limitrophes, disposer de la capacité d'accueil des passagers, salariés et riverains arrivant par le train ou les transports collectifs, et faciliter les parcours en correspondance train-avion ou à l'intérieur de la plateforme, doubler en 2035 la part des passagers venant à l'aéroport par les transports collectifs (versus 2023).
Comme cela a été le cas pour Orly, le groupe ADP a du faire cette concertation pour valider un nouveau modèle d’aménagement lié notamment aux exigences environnementales. La crise Covid a durablement impacté les perspectives de croissance de trafic. Avant le Covid, le trafic passagers augmentait d’environ 2 à 2,5 % par an. Aujourd’hui, les perspectives sont bien plus modérées : de 1 à 1,5 % d’augmentation du nombre de passagers par an. Mais il faut tout de même que le groupe ADP adapte à cette croissance et aux demandes des voyageurs les infrastructures et l’accessibilité des terminaux. Les enjeux de changement climatique imposent par ailleurs d’accélérer la transition environnementale du transport aérien pour atteindre zéro émission nette à l’horizon 2050 pour l’ensemble du secteur et la neutralité carbone des opérations au sol (scopes 1 et 2) dès 2035 pour Paris-Charles de Gaulle. La création de connexions train/avion est donc une composante essentielle de la feuille de route sur le schéma de réaménagement de Paris CDG à l’horizon 2035 et 2050. Pour tenir la trajectoire de neutralité carbone en 2050, le trafic aérien ne sera pas amené à croître à Paris de manière aussi forte que par le passé. L’incorporation des carburants d’aviation durables, et plus généralement le coût de la décarbonation, entraineront une hausse du prix des billets et donc une modération de la demande. Ces facteurs ont été intégrés dans les prévisions de trafic. A l’horizon 2035, une faible hausse du nombre de mouvements (passagers et fret) de + 7 %, par rapport à 2019, est projetée, soit environ 534 000 mouvements au total par an, pour une augmentation modérée du nombre de passagers accueillis, de l’ordre de + 16 % en 2035 par rapport à 20194, soit 88 millions de passagers (contre 76 millions en 2019). A l’horizon 2050, les prévisions de trafic actuelles anticipent une augmentation du nombre de mouvements de 19 % par rapport à 2019, soit environ 592 000 mouvements d’avions par an (passagers et fret), pour une augmentation du nombre de passagers accueillis de l’ordre de 38 % par rapport à 2019, soit 105 millions de passagers.