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Dégivrage des avions sur l'aéroport Paris Charles de Gaulle

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 04 avril 2022 à 12:00

Le Magazine

N2976 ● 26 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Lors des périodes de grands froids, des couches de givre peuvent se former sur la structure des avions. Ce givre peut alors alourdir les appareils au décollage, bloquer des parties mobiles ou encore endommager directement leur structure. Les aéroports internationaux sont équipés de dégivreuses afin de sécuriser les avions. Le Groupe ADP nous a permis d'assister à un entrainement grandeur nature avec les représentants de Vestergaard et nous a fait visiter les différentes installations du service en charge du dégivrage.

Le besoin de dégivrer les avions

Lorsque les conditions hivernales empirent, des plaques de givre peuvent se former sur les différents avions présents sur le tarmac des aéroports. Une fine couche de givre peut avoir de très lourdes conséquences : blocage de parties mobiles (ailerons et volets), diminution de la portance de l’avion, augmentation de la vitesse de décrochage, risque d’endommagement des moteurs ou de la structure de l’avion (jets de givre, présent sur les pales des hélices, qui endommagent la carlingue de l’avion),... Les différents aéroports sont alors équipés de dégivreuses pour faire fondre le givre et permettre au trafic aérien de continuer en toute sécurité.

Le dégivrage du Groupe ADP

En fonction de la taille de l’avion, il faut en général quatre dégivreuses pour traiter efficacement un avion. Le dégivrage est effectué sur l’une des 20 aires spécifiquement réservées à cet usage et dispersées sur tout l’aéroport.

Tout comme les autres services, le dégivrage doit être coordonné avec les autres opérations de la viabilité hivernale tel que le déneigement des pistes par exemple. Chaque avion dégivré est « protégé » contre le givre pendant un certain temps il est donc nécessaire de dégivrer au plus près des seuils de pistes pour éviter que de la neige et du givre ne se redéposent sur l'avion avant son décollage.

En termes de chiffres, le dégivrage d’un avion présent sur l’aéroport de Paris Charles de Gaulle prend en moyenne 13 minutes. De plus, le record actuel est de 49 avions dégivrés en une heure. Il faut toutefois rappeler que ce record est dépendant de plusieurs facteurs : la taille des appareils traités (et donc du temps supplémentaire pour le dégivrage), le nombre d’appareils à traiter et leur éloignement par rapport aux aires de dégivrage.

Les camions sont ravitaillés en glycol et en eau via plusieurs aires présentes non loin des zones de dégivrage. Paris Charles de Gaulle dispose ainsi de 2400 m³ de glycol en réserve. Ces stocks sont constamment contrôlés et le Groupe ADP utilise plusieurs firmes pour être certain de toujours disposer d’un apport en produits lors des épisodes fortement neigeux.

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Entrainement au dégivrage de l'A320 du groupe ADP.
Entrainement au dégivrage de l'A320 du groupe ADP. (Crédits : Gaétan Powis)

Un entraînement en plusieurs étapes

L’aéroport de Paris Charles de Gaulle forme les futurs pilotes de dégivreuses via un simulateur fourni par Vestergaard. Il se compose d’une réplique exacte de la cabine et permet au personnel de disposer d’un entraînement sous diverses configurations. L'entraînement comprend aussi différents exercices de prise en main.

Les futurs dégivreurs passent ensuite sur les dégivreuses et s'entraînent sur des pièces d’anciens appareils. La dernière étape avant leur premier dégivrage hors entraînement est le passage par l’A320 d’entraînement. Le Groupe ADP possède un ancien A320 qui est utilisé par les différents services pour s'entraîner au maniement des différents véhicules et matériels : pompiers, dégivreuses, etc. C’est ici qu’ils mettent en pratique l’entièreté de la formation : dégivrage des appareils mais aussi coordination du dégivrage avec les autres dégivreuses traitant également l’avion.

Exemple d'un exercice d'entrainement de dégivrage sur le simulateur.
Exemple d'un exercice d'entrainement de dégivrage sur le simulateur. (Crédits : Gaétan Powis)

Elephant BETA

L’aéroport Paris Charles de Gaulle dispose de 50 dégivreuses de ce modèle. Elles sont fabriquées par l’entreprise danoise Vestergaard et se basent sur un châssis de camion Volvo. Elles sont équipées de trois réservoirs : un réservoir d’eau chauffée de 4.000 litres et deux autres réservoirs contenant des mélanges dont la concentration peut être adaptée aux conditions climatiques.

Le produit sélectionné est automatiquement mélangé à l’eau et passe alors dans le bras télescopique. Celui-ci peut monter jusqu’à 21 mètres et permet de dégivrer tous les appareils que l’aéroport peut accueillir. Afin d'éviter tout accrochage avec la structure de l'appareil, le bras dispose de deux tiges d'environ 50 cm. Si une légère pression est effectuée sur l'une des deux tiges, l'entièreté des systèmes de la dégivreuses sont mis en sécurité : impossible de bouger le bras, de continuer à pomper de l'eau ou même de bouger le véhicule.

Et demain ?

Vestergaard est l’une des entreprises de pointe en ce qui concerne les dégivreuses : en 2019, la dégivreuse Éléphant E-Beta sortait de l’usine de Roskilde (Sjaelland, Danemark). C’est un bond important pour la firme car le véhicule peut traiter entre 10 et 15 avions (soit environ deux à trois heures d’autonomie) sans utiliser le moteur pour se déplacer. La partie chauffe reste pour l’instant une exception car elle est la plus énergivore et doit donc utiliser un moteur thermique. Cependant, le bilan carbone de ce nouveau camion atteint tout de même une réduction de 87 % des émissions de gaz à effet de serre sur une année. Le Groupe ADP travaille également à la réduction de son impact environnemental. Il a par exemple testé une dégivreuse hybride l’année passée et réfléchit à diverses solutions.

Vue de la cabine d'une des 50 dégivreuses Elephant Beta de l'aérport.
Vue de la cabine d'une des 50 dégivreuses Elephant Beta de l'aérport. (Crédits : Gaétan Powis)

Gaétan Powis

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