SCAF : chroniques d'un échec européen
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Emmanuel Macron et Friedrich Merz se sont résolus à mettre fin au Scaf.
/FW1FP/Andrew Heavens - REUTERS - Christian Mang
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Emmanuel Macron et Friedrich Merz se sont résolus à mettre fin au Scaf.
/FW1FP/Andrew Heavens - REUTERS - Christian Mang
Qu’il est loin ce 26 avril 2018, à Berlin. Dans un hall du salon ILA, les ministres de la Défense allemande et française de l’époque, Ursula von der Leyen et Florence Parly, signaient alors en grande pompe les documents fondateurs du Système de combat aérien du futur (Scaf). Accompagnées des chefs d’état-major des armées de l’air des deux pays, elles accordaient leurs violons, en paraphant un document qui listait noir sur blanc les exigences opérationnelles du futur système de combat aérien et esquissait ainsi les grandes lignes de son pilier central : l'avion de combat du futur, le NGF (Next generation fighter). Tout semblait ainsi réuni pour concrétiser cet ambitieux programme lancé quelques mois plus tôt par les chefs d'États Angela Merkel et Emmanuel Macron, en juillet 2017
Huit ans plus tard, ce programme franco-germano-espagnol (Madrid ayant rejoint Paris et Berlin en 2019), estimé à plus de 100 Md€, est abandonné. La faute à des divergences industrielles et politiques et des positions irréconciliables sur le NGF. Si le Scaf avait traversé de nombreuses zones de turbulence ces dernières années, il était quasiment à l’agonie ces derniers mois. « C’était attendu », glisse un bon connaisseur du dossier. Les récentes déclarations du chancelier allemand Friedrich Merz ne laissaient plus beaucoup de doutes sur la question, les sorties médiatiques des patrons d’Airbus et de Dassault Aviation non plus, tout comme la mission de conciliation du mois d’avril (l’opération de la dernière chance). « Il fallait crever l’abcès, passer à autre chose et arrêter de mettre cet objet au centre de la relation franco-allemande », explique-t-on à Air & Cosmos, au risque de mettre à mal d’autres dossiers en cours. Politiquement parlant, le dossier était devenu une épine dans le pied entre la France et l’Allemagne, un boulet qui plombait les échanges entre les deux rives du Rhin.