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Turquie : Bientôt des drones armés sur le Porte Hélicoptères Anadolu ?

Photo de Yannick Genty Boudry

Yannick Genty Boudry

Publié le 16 mai 2021 à 11:57

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Si cette proposition peut sembler au premier abord incongrue, il s’agit en réalité d’une étude de faisabilité qui démontre la recherche de solution disruptive par la BITD Turque.

Premier porte-drones au monde ?

Le L-400 Anadolu, ce porte-hélicoptères d’assaut conçu sur la base de la classe Juan Carlos de Navantia qui doit entrer en service cette année, se trouva fort dépourvu lorsque les Etats-Unis exclurent sans ménagement son pays, la Turquie du programme JSF, suite à  l'achat d’une batterie S-400 à la Russie. L’utilité du futur bâtiment amiral de la flotte Turque était alors remise en question puisqu’il aurait normalement dû emporter jusqu’à 12 F-35B, une capacité suffisante pour constituer une force aéronavale crédible en Méditerranée orientale. Mais, le groupe Baykar proche du pouvoir, vient de proposer d’embarquer des drones armés sur ce navire, ce qui lui permettrait de démultiplier ses capacités de frappe.

F-35 contre TB-2 ?

Cette proposition a été dévoilée par le pdg du groupe, Haluk Bayraktar. Le drone TB3 (un TB2 navalisé) dont le développement a été lancé depuis plusieurs mois, serait alors arrimé à un treuil, tiré à haute vitesse vers une poulie située après la rampe d’étrave d’une inclinaison de 12°, propulsant ainsi l’aéronef à une vitesse suffisante pour lui permettre de prendre son envol. Cette idée simple, séduisante sur le papier pourrait faire de la Turquie la première nation à mettre en œuvre une flotte de drones tactiques armés lancés à partir d’un porte-aéronefs. Elle présente toutefois quelques défis à relever. Premièrement, le train et la suspension du TB3 devront être considérablement renforcés, augmentant de facto son poids et abaissant sa charge utile et son emport de carburant. Deuxièmement, concernant l’appontage, la seule nation capable de faire atterrir automatiquement un avion sans pilote sur un porte-avions en mouvement sont les Etats-Unis avec le MQ-25 « Stingray », toujours en développement. Cette proposition pourrait donc prendre plusieurs années et s'avérer très coûteuse (croche d’appontage pour « casser » rapidement la vitesse ou filet ?). Mais la mise en place d’un tel système présenterait sur le plan militaire de nombreux avantages, en multipliant les capacités d’agressions et de frappes de la Türk Deniz Kuvvetleri dans des environnements peu contestés en menaces sol-air. Avec l’emport d’une dizaine de drones TB3, la Turquie pourrait soutenir efficacement des opérations de débarquement ou effectuer des « surges » en envoyant ses drones frapper l’adversaire sous la couverture radar comme l'ont démontré les opérations en Arménie, en Libye, et en Syrie. De plus, l’usage de ce système de catapultage ne présente pas de contraintes lourdes, permettant une reconfiguration rapide du bâtiment en cas de besoins. Pour imaginer la plus-value de cette solution, il faut revenir sur l’expérience française. En effet, en 2011, lors de l’opération Harmattan en Libye, l’ALAT avait fait embarquer ses Tigre et Gazelle sur le PHA Tonnerre navigant dans le Golfe de Syrte. Les actions de combat nocturne avait permis une « rupture tactique » et une démoralisation profonde des troupes adverses, en plus de destructions critiques dans la profondeur. Or les capacités de reconnaissance, de ciblage et d'autonomie des drones Bayraktar peut permettre d'espérer des résultats au moins équivalents.

Yannick Genty Boudry

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