L'avion multimissions indien HAL Tejas Mark-2 a franchi une étape majeure de sa conception en novembre 2021 avec la validation de sa revue critique de conception. Cette étape doit permettre le développement de prototypes et la préparation des essais de l’aéronef.
Une montée en puissance progressive
Le programme indien Light Combat Aircraft, initié dans les années 1980, a permis d’aboutir au chasseur de 4ème génération HAL Tejas Mark-1, entré dans les forces en 2015. Comme tout appareil, il est ensuite progressivement amélioré par l’adjonction de nouvelles capacités, et deux évolutions majeures sont désormais prévues : le Tejas Mark-1A, premier standard majeur d'amélioration, puis le Tejas Mark-2 dont les évolutions sont bien plus lourdes. Tandis que le premier doit effectuer son premier vol en mars prochain en vue d’une intégration dans les forces aériennes en 2024, le Tejas Mark-2 n’était encore qu’un projet sur le papier jusqu’à l’acceptation officielle de sa revue critique de conception mi-novembre .
Celle-ci est une étape clef qui regroupe notamment toute la revue technique de l’aéronef ainsi que des analyses de gestion des risques. Cette validation par l’adjoint au chef d’état-major de l’Armée de l’air indienne marque le début de la conception des deux premiers prototypes en vue d’un premier vol en 2023.
Tejas armé.jpg (Crédits : Image Air & Cosmos)
La dernière évolution de la famille d’avions HAL Tejas
L’arrivée d’une nouvelle version de l’avion est une bonne nouvelle pour le Tejas, toutes les difficultés de développement du Mark-1 n’étant pas encore résolues. Sa certification finale avait d’ailleurs été effectuée alors que 25 défauts subsistaient encore, dont des capacités essentielles comme le ravitaillement en vol par des tankers IL-78 ou par des chasseurs Su-30MKI indiens en buddy-buddy (ravitaillement entre chasseurs). Même si 12 de ces défauts ont été réglés, l’IAF espère voir toutes les limitation être levées et gagner en performances grâce aux versions Mark-1A et Mark-2.
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Tejas panoplie armements.jpg (Crédits : Image Air & Cosmos)
Si la Mark-1A permettra notamment l’intégration d’un radar à balayage électronique actif AESA , le Mark-2 se définit comme un véritable avion de génération 4.5. Il comporte d’ailleurs tellement d’évolution majeure que certains analystes considèrent qu’il s’agit d’un nouvel appareil plutôt que d’une amélioration. D’une masse maximale à 17,5 tonnes contre seulement 13,5 tonnes pour le Mark 1, son empreinte radar est réduite grâce à ses matériaux absorbants et il disposera aussi d’une optronique passive dotée de capacités ISTR, du viseur de casque amélioré DASH IV déjà validé sur Mark-1 ainsi que d’une suite de guerre électronique améliorée.
Son autonomie s'accroit largement, et la panoplie d’armements pouvant être mise en œuvre s’élargira également considérablement, avec l’intégration des missiles air-air longue portée Meteor, du missile de croisière Storm Shadow et d’autres armements développés par le centre R&D de la défense indienne (DRDO). Côté moteur, il sera propulsé par le moteur F-414 de General Electric plutôt que les F-404, moins performants équipant les versions installées sur Mark-1 et Mark-1A.
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La course à l'autonomie industrielle
L’IAF doit aujourd’hui compter sur ses alliés pour s’équiper : alors que le pays compte 7 types d'avions de chasse dans sa flotte, seul le Tejas est construit localement par la société indienne Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et opère aux côtés des MIG-21 et MIG-29, Su-30, Jaguar, Mirage 2000 et Rafale. Ses commandes atteignent 123 unités, mais seule une petite cinquantaine d'appareils a déjà été livrée. Même s’il est de conception indienne, le Tejas Mark-1 est encore composé à 25% d’équipements étrangers (comme le moteur américain, le canon de 23mm russe, le radôme britannique, les équipements de guerre électronique israéliens…), mais ceux-ci représentent plus de 40% de la valeur de l’avion, une proportion qui doit diminuer avec les nouvelles générations de l’avion.
Cette forte volonté d’indépendance industrielle se retrouve donc logiquement sur les futurs développements prévus. Le radar AESA du Mk2 est indien et remplace un système israélien, et l’AMCA -chasseur de 5ème génération actuellement en développement- devra ainsi être propulsé par un moteur indien en s’appuyant sur les essais du GTX-35VS Kaveri, tout comme le futur bimoteur embarqué TEDBF devra entrer en service à partir de 2031.
Le Tejas dans toutes ses variantes accompagnera donc le Rafale pendant plusieurs décennies dans l'IAF, mais les tentatives pour navaliser l'avion ont été abandonnées devant l'ampleur de la tache, laissant le F/A-18 et le Rafale M en compétition pour ce marché.
hal tejas origine.jpg (Crédits : Image Air & Cosmos)
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