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Air & CosmosDéfense

Le renseignement aéroporté américain au service de l'Ukraine

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 15 mars 2022 à 10:02

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N2973 ● 05 juin 2026

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Depuis le début du conflit, de nombreux appareils de reconnaissance de pays membres de l'OTAN effectuent des sorties le long de la frontière ukrainienne. Ces missions de reconnaissance et de renseignement permettent de recueillir des informations précises sur la situation tactique en Ukraine. Les appareils américains ont cependant une double mission, car en plus d'alimenter leurs propres services de renseignement, les informations analysées sont partagées avec la Direction générale du renseignement du ministère de la Défense de l'Ukraine.

Une surveillance constante

Depuis le déclenchement des hostilités le 24 février 2022, de nombreux appareils de pays membres de l'OTAN continue de longer les frontières de l'Ukraine et scrutent le moindre mouvements de troupes :

  • Mirage 2000 D français équipés du pod aéroporté capable d'analyser de signaux tactiques (ASTAC). Avec un double angle d'analyse de 100°, il permet d'analyser les émissions électroniques, les localiser et les classifier.
  • RC-135W Rivet Joint de reconnaissance et de guerre électronique anglais ou américain : il s'agit d'un Boeing C-135 modifié qui intercepte des échanges radios émis jusqu'à 240 km de distance. Il peut analyser des signaux de télécommunications (COMINT) ou effectuer du renseignement électronique en captant les émissions électromagnétiques provenant principalement d'émetteurs et de radars (ELINT).
  • E-3A Sentry de l'OTAN ou des États-Unis. Cet avion, très reconnaissable à son dôme radar, analyse le champ de bataille aérien tout comme le spectre électromagnétique pour localiser et identifier les radars ennemis. C'est aussi un centre de commandement aéroporté qui peut centraliser toutes les informations des appareils alliés présents dans la région et en coordonner les missions. Si les équipements militaires de l'avion sont régulièrement mis à jour, les appareils eux-mêmes commencent à vieillir et l'USAF prépare son remplaçant (voir l'article détaillé ici).
  • E-8C Joint STAR américain. Il est l'équivalent de l'AWACS mais son radar analyse ce qui se trouve au sol : il suit les blindés, véhicules ou même des hélicoptères en vol à basse altitude. Son radar AN/APY-3 a une portée de 250 km et peut analyser une zone de 50.000 m² en une journée (soit l'équivalent du Nord de la France, de la Belgique et du Luxembourg). Ces appareils commencent aussi à arriver en fin de vie et sont sur le point de prendre leur retraite (article dédié à ce sujet).
  • RQ-4A/B américains ou de l'OTAN. Ce drone de très haute altitude et longue endurance (HALE) peut couvrir en une journée une zone de 100.000 km². Il est équipé de capteurs à haute résolution, y compris des systèmes électro-optiques de jour et infrarouges, ainsi qu'un radar à ouverture synthétique. Son grand avantage se trouve être son endurance puisqu'il a la possibilité de réaliser des vols de 42 heures ou de 26.000 km sans aucun ravitaillement. Ces performances s'expliquent par sa capacité à planer au FL650 (65.000 pieds, soit 20 000 mètres) grâce à sa grande finesse et son envergure de 40 mètres, soit seulement 4 mètres de moins qu'un E-3 Sentry AWACS. Les RQ-4 doivent remplacer les U-2 Dragon Lady mais ceux-ci sont encore actifs, des patrouilles ayant été remarquées le long de la frontière ukrainienne.
  • Les Américains déploient aussi d'autres plateformes ISR, comme les avions de patrouille maritime P-3C Orion et son successeur le P-8 Poseidon, ou des avions ISR de plus petite taille comme les RC-12X Guardrail et Artemis. L'un des très secret avion renifleur de particule radioactive WC-135 Constant Phoenix a même effectué plusieurs vols dans la région.
  • Il faut ajouter à cette liste tous les autres avions qui ne sont pas visibles sur les différents site répertoriant ces éléments en source ouverte. La présence du Mirage 2000 D dans cette liste n'est d'ailleurs possible que par l'interception de la patrouille Mirage 2000D, Rafale et A330 MRTT par des avions Russes lorsqu'ils se sont approchés de Sébastopol (tout en restant dans l'espace aérien international).

Gaétan Powis

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