Premières approches d'un E-2D sur le Charles de Gaulle

E-2D Advanced Hawkeye de l'US Navy en approche du porte-avions français Charles de Gaulle.
Marine Nationale

E-2D Advanced Hawkeye de l'US Navy en approche du porte-avions français Charles de Gaulle.
Marine Nationale
Le 11 mars dernier, les porte-avions Harry S. Truman et Charles de Gaulle ont effectué des opérations aériennes communes ainsi que des échanges de personnels afin de confirmer l’interopérabilité des différentes flottes.
Par exemple, des personnels des ponts d’envols des deux bâtiments ont été échangé par rotation d’hélicoptères. Des avions F/A-18E/F Super-Hornet (E en version initiale et F en version biplace) ont ainsi apponté sur le porte-avions français alors que des Rafale Marine F3R appontaient sur le porte-avion américain. Aucune image d'un E/A-18G sur le Charles de Gaulle n'est disponible mais il est certain que ce type d'avion s'est aussi essayé à l'appontage sur le porte-avion français.
Ce type d’échange n’est pas du tout nouveau pour les marins américains et français puisque les deux marines sont interopérables. Le Charles de Gaulle est d’ailleurs le seul navire au monde à pouvoir recevoir tous les types d’appareils embarqués de la Marine américaine.


Cet échange d'avions est presque une routine pour les deux marines mais cette fois-ci, il y a eu un nouvel appareil en approche du Charles de Gaulle : alors que les deux E-2C Hawkeye français s’entrainaient à l’appontage sur le Harry S. Truman, un E-2D Hawkeye de l’US Navy a effectué ses premières présentations à l’appontage sur le porte-avion français. La Marine Nationale et la Marine américaine n'ont pas précisé si un appontage et un catapultage ont été effectué depuis le Charles de Gaulle. La Marine Nationale ne parle d'ailleurs que de "présentations à l'appontage" : entrée dans le circuit d'appontage, train sorti, crosse rentrée mais pas de touch and go (clairement visible sur la photo ci-dessous).
Le E-2D Hawkeye est une amélioration du E-2C Hawkeye très récente : le premier appareil est opérationnel en octobre 2014 et le 51ème exemplaire de l’US Navy a été livré le 21 janvier 2022 (sur un total de 75).
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Il emporte un nouveau radar AN/APY-9 plus précis et plus résistant aux brouillages. La grosse nouveauté provient de sa rotation : elle est mécanique comme sur les autres versions du Hawkeye mais aussi électronique.

Cette option permet alors à l’opérateur radar de réduire la puissance de balayage sur certaines zones ou quadrants de 90° afin de la rediriger vers une autre zone ou quadrant, augmentant alors la portée du radar au sein de cette dernière. La portée globale du radar serait de 556 km. Cette technique semble devenir le futur des avions AWACS et est déjà appliquée sur le E-7 Wedgetail. L'USAF est d'ailleurs en train d'analyser le E-7 pour voir s'il peut remplacer les E-3G Sentry (article dédié à ce sujet).
Les deux turbopropulseurs Rolls-Royce Allison T-56-A-427 de 5.100 chevaux ont été remplacés par leur version modernisée, moins gourmande en carburant et de puissance équivalente ; l’Allison T-56-A-427A. L’autonomie est en plus élargie puisque les E-2D seront tous équipés d’une sonde de ravitaillement : les premiers appareils ont été livré sans la perche, le temps que le système soit au point. Aujourd’hui, les E-2D sortent directement de l’usine avec la perche et les premiers avions seront très rapidement rééquipés.
Le cockpit devient tout écran et sa capacité à soutenir un système de défense anti-missile (Theater Air Missile Defense) est grandement améliorée, permettant à l’escadre de mieux anticiper une approche de missiles de croisière, antinavires ou encore stratégiques.
La Marine Nationale doit à terme remplacer ses trois E-2C par trois E-2D. Il n'empêche que les E-2C restent de très bons avions d'alerte aérienne avancée (AEW) : sur la demande du gouvernement croate, un Hawkeye de la Marine Nationale a sécurisé l'espace aérien croate après le crash du drone Tu-141 à Zagreb (article disponible ici).