La Marine Nationale a déployé le porte-avions Charles de Gaulle en mer Méditerranée depuis le 3 février. Ce dernier est accompagné par une flottille de 9 navires dont la mission est de protéger et soutenir l'ensemble de l'escadre. Comme les précédentes missions Clemenceau, celle-ci comporte des navires, hélicoptères et même un état-major multinational. C'est ainsi l'occasion pour la Marine Nationale de démontrer son interopérabilité avec différentes marines de pays membres de l'OTAN (voir l'article résumant les éléments de l'escadre et de la mission Clemenceau 22).
L'interopérabilité au sein de l'OTAN est assurée par des standards appliqués aux forces armées des 30 pays membres. Les exemples les plus concrets se retrouvent dans la standardisation des munitions, des terminologies ou encore le partage de l'information. Cette interopérabilité, jusqu'à un certain niveau, est aussi matérielle et technique. Cette dernière a justement été démontrée hier au sein de l'escadre du porte-avions Charles de Gaulle.
En effet, ce 21 mars, le destroyer américain Ross a subi une panne sur son système de refroidissement. Les techniciens américains ont pu isoler la fuite mais, comme pour les autres navires de l'escadre, ne disposaient pas de l'expertise technique ou du matériel nécessaire pour la réparer. Le soutien logistique et technique de l'escadre est géré par l'équipage du bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne. Il a donc héliporté un soudeur, un expert frigoriste et leur matériel spécifique sur le destroyer américain. Ces derniers, aidé des techniciens américains, ont alors réparé la fuite sur le circuit endommagé du navire.
Ce cas concret démontre encore une fois que l'interopérabilité entre la Marine Nationale et la Marine américaine est très poussée : elle comprend un large éventail de possibilités, allant de l'échange très connu d'avions sur les porte-avions des deux marines (comme démontré dans cet article) jusqu'à l'expertise, bien moins mise en avant, de mécaniciens des deux marines pour résoudre des pannes. Ces dernières, en apparence peu importantes, peuvent devenir très problématiques en pleine mer si elles ne sont pas gérées rapidement.