Eurosatory 2022 : Des parcs d'hélicoptères en évolution
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Helico
Jean-Marc Tanguy
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Helico
Jean-Marc Tanguy
C'est un classique depuis la fin des années 80, les hélicoptères ont souvent évolué par capitalisation sur les retex des opérations. Ces retex, souvent en provenance du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) contribuent à redonner aux hélicoptères un avantage concurrentiel. Le régiment a d’ailleurs conclu un accord de coopération renforcée avec le GAMSTAT (groupement aéromobilité de la section technique de l’Armée de Terre) de Valence qui dispose, en interne, de moyens réservés, en hélicoptères, en experts de domaines et en capacité de fabrication pour le soutien aux expérimentations.
Le support d’armes assisté (SAA) a ainsi été « codéveloppé par l’AIA (Atelier industriel de l’aéronautique) de Cuers avec nous, explique le chef de corps
du GAMSTAT. On a mis en lumière tous les défauts des premiers prototypes produits. On a évalué une dizaine de prototypes. On peut parler de co-développement : l’AIA a pensé l’idée et nous l’avons mise en conditions réelles, avec des tirs réels ». Seulement deux types d’armes ont été qualifiés sur
le SAA (le projet de départ était assez exaustif), la mitrailleuse MAG-58 (en calibre 7,62 mm) pour l’Armée de Terre et le fusil de précision PGM Hecate II (en calibre 12,7 mm) pour la Marine. Le SAA est le même, mais une tête spécifique a été qualifiée pour chaque arme. Cela offre donc une double source pour les affûts d’hélicoptères, puisque la PME Cose de Villepinte a, elle aussi, développé un bras articulé, fruit des échanges entre les opérateurs du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) et du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales, particulièrement de l’escadrille des opérations spéciales (EOS) n°2.
Le Strike a d’abord équipé les Gazelle de l’EOS2 au Sahel puis la 4e brigade d’aérocombat (BAC) a, elle aussi, demandé à avoir les siens pour les tirs réalisés par les commandos montagne de la 27e BIM et les commandos parachutistes de la 11 e BP à bord de ses Gazelle. Cose vient, en plus, de gagner un contrat pour équiper les hélicoptères de manœuvre de l’Armée de Terre et de l’Armée de l’Air et de l’Espace. La Marine n’avait plus de besoin, puisqu’elle dispose du SAA sur ses CaïmanMarine. 41 bras vont ainsi venir s’ajouter aux dix-huit Strike déjà commandés pour les Gazelle.
Une manne pour la PME qui voit néanmoins s’arrêter le programme Sinathra pour valoriser l’imagerie à très haute résolution. Monté sur hélicoptère, Sinathra pâtit de la concurrence des drones, sans doute un mauvais procès puisqu’on voit que les programmes de drones sont loin d’être un long fleuve tranquille et, qu’en plus, ils nécessitent une logistique souvent importante. Le même 4 e RHFS avec, à nouveau, l’EOS2 ont équipé les Gazelle avec une mitrailleuse multitube M134D. Trois Gazelle sont équipées au 4e RHFS et quatre de plus ont été commandées pour la 4e BAC. Au terme d’un développement difficile, la configuration a été validée (et utilisée) au 4e RHFS et le bout du tunnel est visible pour la 4e BAC. La nouvelle étape, c’est l’intégration d’éléments d’optroniques pour le 4e RHFS.
Initialement, le régiment avait vu les choses en grand, avec une tourelle optronique dédiée à l’instar de ce qui avait été fait avec la Gazelle Viviane, mais la crainte de la facture a fait reculer Paris. L’état-major a jugé la date du retrait de la Gazelle (2036) et a estimé que le jeu n’en valait pas la chandelle, pour une petite dizaine d’années de service. Au final, ce serait donc plutôt une visée champ large de type DCL120 implantée sur un rail Picatinny, un chantier déjà lancé. Dans les objets plus complexes, le Tigre standard 2 va débarquer à la rentrée au GAMSTAT. Historiquement, la flotte était divisée entre HAP et HAD. 50 % des HAD sont des appareils neufs, le reste, des conversions : ce chantier ne s’achèvera qu’en 2024-2025. Un programme qui a pris du retard chez Airbus Helicopters, notamment parce que des HAP à transformer présentaient aussi déjà des anomalies.
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