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Steadfast Noon : Fin d'exercice pour les capacités de dissuasion nucléaire de l'OTAN

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 29 octobre 2022 à 08:00

Deux bombardiers stratégiques B-52H à Fairford en 2020.

Deux bombardiers stratégiques B-52H à Fairford en 2020.

USAF

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N2973 ● 05 juin 2026

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Comme chaque année, l'OTAN effectue un entrainement de deux semaines pour ses forces de dissuasion stratégiques. Ce dernier a pris fin récemment et a vu de nombreux appareils s'entrainer, avec notamment des avions à capacité duale. Au total, 14 pays et plus de 60 appareils étaient mobilisés, en ce compris des ravitailleurs, un AWACS et des bombardiers stratégiques.

Un entrainement en conditions réelles

Entre le 17 octobre et le 28 octobre, une soixantaine d'avions de tous types se sont entrainés en Belgique, au Royaume-Uni et surtout au-dessus de la mer du Nord. Au total, 14 pays membres de l'OTAN étaient représentés dans cet exercice. Le but de ce dernier était centré sur l'entrainement des capacités de dissuasion nucléaire dans le cadre de l'OTAN. Au vu du contexte tendu avec la Russie, cet exercice était prévu de longue date et ce, après plusieurs annonces publiques de la part de l'OTAN. D'ailleurs, la Russie a fait de même pour son exercice Grom, également centré sur l'entrainement des Forces stratégiques russes (plus d'infos ici).

De nombreux entrainements ont été effectués :

  • armement des avions à capacité duale (emport de munitions classiques ou nucléaires) avec des maquettes de bombes nucléaires stratégiques
  • combats aériens
  • ravitaillements en vol
  • interopérabilité dans un contexte multinational

De fait, durant les deux dernières semaines, il était possible d'apercevoir une partie des avions évoluer au-dessus de la mer du Nord.

La matinée du 25 octobre semblait inclure un grand entrainement aérien qui se terminait vers midi. Les appareils visibles sur cette carte sont présentés ci-dessous.
La matinée du 25 octobre semblait inclure un grand entrainement aérien qui se terminait vers midi. Les appareils visibles sur cette carte sont présentés ci-dessous. (Crédits : ADS-B (carte), Air&Cosmos (montage))
L'après-midi du 25 octobre semblait également centrée sur un grand entrainement aérien qui s'est terminé vers 16h00. Les appareils visibles sur cette carte sont présentés ci-dessous.
L'après-midi du 25 octobre semblait également centrée sur un grand entrainement aérien qui s'est terminé vers 16h00. Les appareils visibles sur cette carte sont présentés ci-dessous. (Crédits : ADS-B (carte), Air&Cosmos (montage))
Appareils visibles le 25 octobre dans le cadre de l'exercice Steadfast Noon.
Appareils visibles le 25 octobre dans le cadre de l'exercice Steadfast Noon. (Crédits : ADS-B (images), Air&Cosmos (montage))
Appareils visibles le 26 octobre dans le cadre de l'exercice Steadfast Noon.
Appareils visibles le 26 octobre dans le cadre de l'exercice Steadfast Noon. (Crédits : ADS-B (images), Air&Cosmos (montage))

Quelques notes sur les appareils déployés

Il faut noter que tous les appareils impliqués dans cet exercice ne sont pas visibles sur ces deux cartes. Ainsi, des avions de chasse F-22 américains étaient déployés depuis la base aérienne de Leeuwarden (Frise, Pays-Bas). La Turquie avait aussi envoyé des avions de combat F-16 et un ravitailleur KC-135 (cfr. le tweet à la fin de l'article). Un ou plusieurs bombardiers stratégiques B-52H ont également participé à l'exercice mais sans atterrir en Europe et ce, grâce à des ravitaillements en vol. D'ailleurs, le 21 octobre dernier, un B-52H était visible sur les différents sites internet de suivi des avions.

Cette année, la Belgique était le pays hôte de cet exercice. Il faut savoir que la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg, Belgique) dispose de bunkers sécurisés capables d'entreposer les bombes nucléaires tactiques américaines. D'ailleurs, en regardant les relevés des appareils, il est possible de voir que les F-16 belges de la base aérienne ont accueilli des F-15E Strike Eagle américains. Cette version du Eagle est en service au sein de l'US Air Force (USAF) et peut transporter tous types de munitions air-sol disponibles au sein des stocks de l'USAF, qu'elles soient conventionnelles ou nucléaires. Les appareils identifiés sont habituellement basés sur la base aérienne anglaise de Lakenheath (Suffolk, Royaume-Uni). Le Royaume-Uni étant déjà une puissance nucléaire, il ne participe pas à l'accord de partage nucléaire... du moins directement : la base aérienne anglaise de Lakenheath n'acceuille que des unités américaines et des bunkers capables d’accueillir des bombes nucléaires tactiques sont aussi présents sur cette base. Il faut toutefois ajouter qu'il n'y a pas de partage dans ce cas-ci puisque les bombes seraient alors transportées sur des avions américains.

Côté allemand, les appareils ne sont pas identifiables mais il s'agit plus que probablement d'avions de chasse Eurofighter Typhoon et de chasseurs-bombardiers Tornado IDS (Interdictor/Strike). Ces derniers ont été en partie développés pour l'emport des armes nucléaires tactiques américaines. Leur remplacement par des F-35A a d'ailleurs été acté en mars 2022 (plus d'infos dans cet article).

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Les autres pays participants ne sont pas connus mais il est presque certain que l'Italie a également participé à cet exercice avec ses Tornado IDS, également employés comme appareils à capacité duale.

Pour rappel, les pays européens cités sont signataires de l'accord de partage nucléaires de l'OTAN. Ils comprennent donc au moins une base aérienne avec des bunkers hautement sécurisés afin de pouvoir entreposer des bombes nucléaires tactiques :

  • La Belgique, sur la base de Kleine Brogel,
  • L'Allemagne, sur la base de Büchel et probablement sur la base de Ramstein,
  • L'Italie, sur les bases d'Aviano et de Ghedi Torre,
  • Les Pays-Bas, sur la base de Volkel,
  • La Turquie, sur la base d'Incirlik.

Gaétan Powis

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