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Le Département d'Etat américain autorise la mise à niveau des F-16 de la Turquie

Photo de Victor Riou

Victor Riou

Publié le 19 avril 2023 à 09:44

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NATO Air Command - Twitter

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

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La Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui est en charge des exportations de matériel militaire américain, a autorisé la vente de matériel et de services de défense en direction de la Turquie pour qu'elle puisse effectuer les premières étapes de la mise à niveau de ses F-16.

Une demande en attente de décision par le congrès américain 

Le 17 avril 2023, le Département d'État a pris la décision d’approuver une éventuelle vente militaire à la République de Turquie. Elle comprendrait du matériel et des services de défense qui permettraient à Ankara d’opérer des mises à niveau pour les appareils de sa flotte de chasseurs F-16. Le coût de ce contrat est estimé à 259 $ million. L'Agence de coopération en matière de sécurité pour la défense (ou DSCA pour Defense Security Cooperation Agency), a délivré ce lundi la certification requise informant le Congrès de cette éventuelle vente qu'il devra, à son tour, choisir ou non de valider.

Un F-16 turc
Un F-16 turc (Crédits : NATO)

Une réponse à la demande de la Turquie 

L’autorisation formulée par la DSCA, qui est en charge des exportations de matériel militaire américain, répond à une demande de la Turquie dans laquelle elle exprimait ses différents besoins pour soutenir sa flotte de F-16 :

  • les mises à niveau logicielles de l'avionique du programme de vol opérationnel (OFP) avec la capacité du système automatique d'évitement de collision au sol (AGCAS),
  • les modifications matérielles pour permettre l'intégration de la mise à niveau II du bloc du système multifonctionnel de distribution d'informations (MIDS BU II), achetées séparément,
  • les mises à niveau matérielles et logicielles pour inclure les modifications majeures de l’aéronef,
  • les logiciels et supports logiciels classifiés et non classifiés,
  • les support d'intégration et de test,
  • de l’équipement de soutien et de formation,
  • des pièces de rechange et de réparation,
  • les publications et documentation technique,
  • des services d'ingénierie, de soutien technique et logistique de la part du gouvernement américain et des sous-traitants,
  • d'autres éléments connexes de soutien logistique et de programme.

En attendant que sa demande soit entendue par le congrès et qu’il rende la décision à son sujet, le ministère turc de la Défense a donné son feu vert au programme ÖZGÜR. Il prévoit de doter d’un radar à antenne active MURAD AESA et d’un nouvel ordinateur de mission de conception turque les F-16 Block 40/50 de la Turquie pour les moderniser. Le but poursuivit avec cette modernisation locale est de maintenir les chasseurs opérationnels jusqu’en 2050 en leur offrant des capacités similaires à celles du F-16 Block 70.

Le F-16 block 70, aussi appelé "Viper", est la dernière version du chasseur de Lockheed Martin.
Le F-16 block 70, aussi appelé "Viper", est la dernière version du chasseur de Lockheed Martin. (Crédits : Lockheed Martin)

Une demande plus large de la Turquie pour des F-16 « Viper »

La Turquie a, en effet, été exclue du programme F-35 en avril 2021 pour avoir acquis et mis en service des systèmes de défense aérienne russes S-400 « Triumph », allant ainsi à contresens des logiques américaines et plus largement de l’OTAN. En janvier 2023, la Turquie a cependant demandé la livraison de 40 chasseurs-bombardiers F-16 « Viper » ainsi que 80 kits de mise à niveau de ces F-16 Block 40/50 afin de les doter des mêmes capacités que les Viper. La demande serait considérée par Ankara comme une juste réparation pour les 1,4 milliards de dollars déjà investis dans le programme F-35 au moment de son exclusion. 

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Le Wall Street journal affirmait en janvier que cette sollicitation pour 40 chasseurs et 80 kits devait être présentée au Congrès des Etats-Unis, agrémentée de quelque 800 bombes et 900 missiles air-air pour la Turquie. Si elle n’a pour l’instant pas connu de suite, c’est notamment à cause du blocage turc dans les protocoles d’adhésions de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. L’entrée récente de la Finlande au sein de l’Alliance Atlantique pourrait ainsi avoir débloqué cette approbation 259 millions de dollars de matériels et services de défense permettant de mettre à jour les F-16 turcs. Elle pourrait être un signe d’encouragement de la part de l’administration américaine à l’égard de la Turquie pour  qu’elle facilite l’entrée de la Suède dans l’OTAN.

Victor Riou

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