Tir de nuit d'un SM-3 depuis les cellules Mk 41 VLS du destroyer lance-missiles USS Fitzgerald (DDG-62) durant un exercice de nuit (25 octobre 2012).
US Navy
Durant l’attaque iranienne sur Israël, deux destroyers lance-missiles américains de la classe Arleigh Burke ont joué un rôle actif dans la défense antimissile balistique d’Israël. Ceux-ci auraient tiré pour la toute première en opération de combat des missiles SM-3. Anatomie de cette interception mais aussi de ce missile, devenu un véritable bouclier antimissile longue portée pour l’US Navy.
Deux navires au large d'Israël
La récente attaque de drones, missiles de croisière et missiles balistiques iraniens sur Israël a vu de nombreuses interceptions par des systèmes israéliens ou d'autres pays. Côté américain, deux navires ont joué un rôle important dans la défense du territoire israélien. Durant cette attaque, les destroyers lance-missiles USS Arleigh Burke (DDG-51, classe Arleigh Burke I) et USS Carney (DDG-64, classe Arleigh Burke I) étaient positionnés dans l'est de la mer Méditerranée, non loin des côtes israéliennes. D'après USNI News, citant deux officiels militaires anonymes, ces deux navires ont alors défendu Israël contre quatre à sept missiles balistiques en tirant plusieurs missiles antimissiles balistiques RIM-161 Standard Missile 3. Actuellement, ce missile, plus connu sous le terme SM-3 n'avait vu que des tirs d'exercices ou d'essais antimissiles. Les tirs de SM-3 de la nuit du 13 au 14 avril sont ainsi les premiers tirs réels en opération de combat.
Du côté du Pentagone, l'utilisation opérationnelle du SM-3 n'a pas été confirmée. En revanche, le major général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone, a annoncé durant une conférence de presse la destruction d'au moins six missiles balistiques, dont un au sol, par les Forces armées américaines. Ce dernier a aussi confirmé que les USS Arleigh Burke et USS Carney avaient joué un rôle actif dans la défense de l'espace aérien israélien durant cette attaque.
Vue tribord arrière du destroyer lance-missiles USS Carney (DDG-64) en mer Méditerranée (18 septembre 2018). (Crédits : US Navy)
Une détection longue portée
Le cœur même de cette interception ne réside pas dans le missile mais bel et bien dans le système Aegis, présent à bord de ces deux destroyers. Ce dernier permet de regrouper de nombreuses informations acquises par les capteurs du navire mais également des capteurs externes au navire. Ce cumul d'informations offre alors la possibilité de tirer de nombreuses munitions et missiles en fonction de la menace qui a été détectée. Dans ce cas-ci, le principal problème était la détection, les destroyers lance-missiles de la classe Arleigh Burke (I à IIA) sont équipés du radar SPY-1D (PESA, quatre antennes fixes) et dont la portée de 370 kilomètres est bien trop faible pour la portée du missile SM-3. Plusieurs explications existent, et sont même cumulatives.