Des missiles anti-radars tueurs de S-400 pour la Pologne et les Pays-Bas

Missile anti-radar AARGM-ER dans la soute d'un F-35 Lightning II.
Northrop Grumman

Missile anti-radar AARGM-ER dans la soute d'un F-35 Lightning II.
Northrop Grumman
Le 24 avril, la Defense Security Cooperation Agency (DSCA) a autorisé deux potentiels contrats d'exports d'armes pour la Pologne ainsi que pour les Pays-Bas. Ces deux contrats sont tous deux centrés autour d'une seule et même munition ; le missile antiradar AGM-88G Advanced Anti-Radiation Guided Missiles - Extended Range, plus connu sous la dénomination AARGM-ER. Concernant les Pays-Bas, le contrat aurait un coût estimé de 700 millions de dollars (soit 649,16 millions d'euros) pour :
Pour la Pologne, le coût estimé du contrat est de 1,275 milliard de dollars (soit 1,183 milliard d'euros) pour :
Dans les deux cas, le contrat sera signé avec Northrop Grumman, entreprise ayant développé et produisant actuellement ce missile.

L'AGM-88G a été spécialement développé afin d'offrir une capacité standoff longue portée, à savoir une capacité de détruire des radars en dehors de la portée des systèmes antiaériens autour du radar ciblé. Il permet alors d'aveugler la batterie antiaérienne utilisant le radar et de fait, de créer un trou dans la bulle antiaérienne ennemie. Ainsi, en standoff, ce missile permet à des avions combat de pouvoir détruire des radars de systèmes antiaériens pouvant aller jusqu'à une longue portée, comme les S-300, HQ-9B,... sans être inquiété par les missiles de ces batteries. Inversement, il offre aussi une capacité stand-in aux avions de combat : ils peuvent rentrer dans la bulle de protection de systèmes à encore plus longue portée, comme le S-400. Ces missiles seraient alors plutôt utilisés par des avions furtifs, comme le F-35A. Toutefois, l'EA-18G Growler peut également détenir une capacité stand-in mais avec certaines limites et conditions : brouilleurs actifs, sans pénétrer en profondeur la zone de tir,...
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Concrètement, ce missile antiradar est la dernière variante de l'AGM-88 HARM, mais dans une version totalement repensée, voire même surboostée : sa vitesse est supérieure à Mach 4 (soit 4 939 km/h) et il dispose d'une portée supérieure à 300 kilomètres. Les médias russes ont d'ailleurs qualifié ce missile de "tueur de S-400" (S-400 killer). À noter que contrairement aux précédentes versions de l'AGM-88, l'AARGM-ER rentre dans la soute interne des F-35 Lightning II. Le besoin en moyens SEAD, et tout particulièrement en moyens DEAD (destruction des défenses aériennes ennemies), en Ukraine a clairement démontré l'importance de ce type de munition lors d'une guerre de haute intensité. Or, avec l'achat de 46 F-35A pour les Pays-Bas et de 32 F-35A pour la Pologne, le choix de l'AARGM-ER était clairement attendu au vu de la montée en puissance de ces deux pays.
