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Salon de Berlin : premières opex pour l'escadron franco-allemand

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Yann Cochennec

Publié le 01 juin 2024 à 06:55

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N2976 ● 26 juin 2026

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L'escadron Rhin-Rhein basé à Evreux a mené ses premières opérations d'ampleur avec des largages humanitaires au-dessus de Gaza. Le retour de chantier des deux KC-130J français et la livraison des trois derniers appareils allemands va permettre d'augmenter notablement l'activité pour atteindre l'objectif de 6 000 heures de vol annuelles.

Première :  une unité binationale totalement intégrée permet de mener des opérations aériennes.

Pour la première fois, une unité binationale totalement intégrée permet de mener des opérations aériennes. C'était le challenge promis par l'escadron franco-allemand Rhin-Rhein, aussi appelé Bi-national Air Transport Squadron (BATS) : il a été relevé avec les premières opérations extérieures menées conjointement par les aviateurs des deux pays, alors qu'on sait que c'est un point traditionnellement complexe côté allemand, pour des raisons législatives historiques.

Tout est parti, il y a plus de 20 ans, des difficultés d'un programme européen en coopération, l'A400M. L'Armée de l'Air et de l'Espace avait réfléchi dès le début des années 2000 à l'achat de C-130J pour prendre en compte l'âge des Transall, et l'horizon encore incertain de livraison des A400M. En fin de décennie, face aux retards patents (quatre à cinq ans), le ministre de la défense Hervé Morin avait une nouvelle fois préféré écarter l'achat de C-130J, au profit de la prolongation des 18 Transall les plus récents, et de l'achat de 8 Casa 235-300 (principalement pour l'outremer).

Airbus A400M pas prêt

Dès 2015, le sujet de l'achat des C-130J était revenu sur la table, sur fond d'incertitudes persistantes sur les performances de l'A400M, notamment la capacité de ravitaillement en vol des hélicoptères, finalement résolue depuis par Airbus. En parallèle, l'Armée de l'Air et de l'Espace connaissait une très faible disponibilité sur ses C-130H, livrés en 1987 (12 appareils) et en 1996 (deux appareils d'occasion rénovés par Sogerma).

Jean-Yves Le Drian avait donc décidé d'acheter quatre C-130J, dont deux en version tanker (KC-130J) particulièrement pour viabiliser la capacité de ravitaillement en vol des Caracal de l'escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées, aussi bien pour la recherche et sauvetage de combat (Resco), que pour les opérations spéciales. Cette flotte neuve devait aussi contribuer à offrir des appareils disponibles pour les déploiements en opex.

Outre-Rhin, on n'avait pas forcément de telles urgences sur le ravitaillement en vol, mais avec le retrait accéléré des Transall et des difficultés sur l'A400M, la Bundeswehr a elle aussi opté pour l'achat de six C-130J dont trois tankers KC-130J. La commande de Chinook par la Luftwaffe offre aussi la perspective de réceptacles pour les paniers des KC-130J. Le tout sur fond de volonté allemande de faire monter en puissance les forces spéciales (KSK) et de les faire certifier OTAN.

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Dans un dialogue franco-allemand souvent complexe ces dernières années, le sujet des C-130J aura donc finalement été mené tambour battant. En avril 2017, les deux pays signaient un premier accord intergouvernemental, avant l'arrivée du premier C-130J à Orléans en fin de la même année. En septembre 2020, les deux ministres de la défense posaient la première pierre sur la base aérienne 105 d'Evreux, amenant la création du BATS, encore dépourvu de nom de baptême.

Le cap des 10 000 heures de vol

Les quatre appareils français sont arrivés à l'été 2021 à Evreux. Le 3 septembre 2021, le BATS franchissait un nouveau cran avec une prise de commandement par un officier français, secondé par un allemand. Le premier C-130J allemand fut livré en février 2022. La montée en puissance progressive permettait à l'époque d'atteindre un format de 160 aviateurs, dont 120 français et 40 allemands. Aujourd'hui, l'effectif atteint les 157 français -47 navigants et 80 mécaniciens- et 100 allemands. L'effectif définitif devrait être atteint en fin d'année : les Allemands seront prépondérants pour les navigants (60%), en ligne avec le nombre d'avions, les français fournissant par contre 60% des mécaniciens.

Yann Cochennec

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