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[Eurosatory 2024] Les drones français et l'Ukraine : entre livraisons, développements et projets

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 14 juin 2024 à 07:00

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Munition téléopérée Toutatis sur le stand de Thales lors du SIAE 2023.

Munition téléopérée Toutatis sur le stand de Thales lors du SIAE 2023.

Gaétan Powis

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N2973 ● 05 juin 2026

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Le drone est devenu un moyen important sur le champ de bataille ukrainien car utilisé en soutien des forces engagées. La France dispose d’un grand potentiel dans ce domaine mais la majorité des industriels de ce domaine sont de petites entreprises et ce, en grand nombre. Ce marché diversifié présente des atouts montre d’ailleurs que des drones pensés, développés et/ou produits en France volent ou voleront prochainement en Ukraine. Du côté développement, chaque nouveau drone implique des contacts auprès des militaires ukrainiens afin de sortir le meilleur drone, capable de remplir sa mission et ce, malgré les différents moyens de lutte anti-drones présents sur le champ de bataille.

Eurosatory 2024

Si l'invasion russe de l'Ukraine avait déjà commencé lors de la précédente édition du salon Eurosatory en 2022, les premiers retours d'expérience n'avaient pas encore permis de voir un changement concret au sein des différents industriels présents en 2022. Deux ans plus tard, et comme expliqué dans un précédent article, le retour du canon antiaérien très courte portée sur le champ de bataille est à envisager. Inversement, un second retex se retrouve dans le besoin de développer et produire des drones aux missions diversifiées, capables de voler en environnement brouillé, le tout, avec un coût de production réduit.

Or, de nombreux drones volent actuellement en Ukraine et certains modèles proviennent de grandes et très grandes entreprises. En France, il n'existe pour l'instant aucun grand champion du drone militaire et à vrai dire, cette part du domaine de la défense est même fortement segmentée, avec des petites entreprises, voire même des start-up prometteuses. Il n'empêche, des drones français volent déjà en Ukraine, voleront prochainement en Ukraine ou disposent de contacts directs avec l’Ukraine pour améliorer au mieux leurs drones.

Delair a le vent en poupe

Le 4 mars 2024, le ministère des Armées publiait une liste des systèmes, armes, munitions,… militaires livrées à l’Ukraine entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2023. Parmi la liste, il est possible d’apercevoir que 160 drones de reconnaissance avaient été livrés à l’Ukraine. Or, sur ces 160 engins, 150 proviennent d’une seule et unique entreprise toulousaine : Delair. Ces 150 drones avaient été confirmés par Sébastien Lecornu, ministre des Armées, le 6 septembre 2023. Mais cinq mois plus tard, le 29 février 2024, le ministre des Armées visitait l’entreprise toulousaine, aux côtés de son CEO, Bastien Mancini. Cette visite voit alors une première annonce importante : le financement de 150 drones d’observation supplémentaires. Au total, ce sont ainsi 300 drones UX11 ou DT26 qui ont été envoyés ou sont actuellement en cours d’envoi en Ukraine.

De plus, une deuxième décision concrète avait été annoncée le 29 février par le ministre des Armées : 100 munitions téléopérées seront prochainement envoyées en Ukraine.

« Une centaine de ces munitions téléopérées, sous forme de prototypes, devraient être livrées à l’Ukraine d’ici le mois de juin/juillet, grâce au consortium Delair-Nexter. »

Ces 100 MTO pourraient valider sur le terrain un programme important pour les deux industriels : leur drone DARD, qui se baserait sur l’UX11 de Delair, vise à répondre au programme Colibri de la Direction Générale de l'Armement (DGA) et de l’Agence Innovation de Défense (AID). Ce programme doit permettre le développement d’une munition téléopérée d’une portée de 5 kilomètres, d’une autonomie de 30 minutes et enfin, d’un coût unitaire maximal de 20 000 euros. À noter que le terme munition téléopérée implique qu'une fois en vol, celle-ci ne peut revenir ; elle ira soit sur sa cible, une autre cible si elle peut la détecter ou alors s'autodétruira, contrairement au drone, capable de justement revenir à son point de départ.

Tous ces drones de Delair avaient été choisis par l'Ukraine (et financé par un fond débloqué par la France) suite à leur capacité à assurer la mission ; Sébastien Lecornu et Bastien Mancini avaient insisté à plusieurs occasions sur la résistance au brouillage russe des drones de Delair en Ukraine. L'entreprise toulousaine gagne aussi en qualité via ces livraisons car elle reste en contact avec l'Ukraine et peut donc améliorer ses drones : plusieurs améliorations au niveau des systèmes électroniques internes ont été ajoutées suite au retex direct des utilisateurs ukrainiens. Par ailleurs, Delair n'était pas non plus une entreprise totalement inconnue de l'Ukraine car, bien avant le 24 février 2022, des drones DT26 volaient déjà en Ukraine.

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