Défense aérienne : "Nous avons connu un été hors normes", général Laurent Rataud
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Quels retours d'expérience retirez-vous de l'implication inédite de l'Armée de l'Air et de l'Espace sur le territoire national durant les JO, en parallèle au déploiement Pégase en Indo-Pacifique ?
Nous avons connu un été hors normes, un peu à l'image du monde : quand je parle de la situation internationale, je prends l'image de crises qui auparavant se succédaient et maintenant ont tendance à s'empiler les unes sur les autres. Nous gérons énormément de crises et d'opérations tout en conduisant notre préparation opérationnelle. Pendant les JO, nous avons continué à assurer nos missions permanentes et Pégase 2024.
Les JO ont été une mission effectuée et réussie. Ils n'ont pas été perturbés par des moyens aériens, avion, drone ou ballon, grâce aux dispositifs mis en place par les armées et les forces de sécurité intérieures sous la direction de l'Armée de l'Air et de l'Espace. Nous avons conduit 53 jours de DPSA (dispositif particulier de sûreté aérienne/ndlr) en continu, jamais ces dispositifs n'avaient été aussi longs.
Il commençait avec une cérémonie d'ouverture, la plus grosse opération dans l'opération. On a pu vider le ciel français dans un rayon de 150 km autour de Paris pendant 6 heures, c'est le fruit d'une planification menée très en amont, d'un travail interministériel avec la DGAC et les opérateurs aériens qui a permis de réussir cette opération jamais vue dans le ciel français depuis très longtemps.
Dans les faits marquants, nous avons mis en place de nouvelles structures de coordination, comme la C3MOA (Centre de Coordination Civilo-Militaire des Opérations Aériennes) pour maintenir une activité aérienne professionnelle résiduelle. Il était hors de question de bloquer transporteurs et aéroclubs dans tous les terrains concernés par les zones réglementées ou interdites de survols.
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Cela a demandé un travail énorme de coordination locale, de manière à ne pas paralyser le secteur. Cette structure a procédé aux accréditations pour autoriser les vols de ceux qui ne présentaient pas de danger en termes de sûreté aérienne. Le criblage des équipages et aéronefs a été possible par la mise en œuvre d’un cercle de confiance sur les aérodromes concernés.
Sur tous les terrains, un officier de l'Armée de l'Air et de l'Espace vérifiait que seuls les vols accrédités décollaient et atterrissaient. Les directeurs des aéroclubs faisaient le premier tri et auto-régulaient le trafic sur leurs plate-formes. Ce travail collaboratif est une nouvelle façon de faire, et a permis à l'activité aérienne de se dérouler et de garantir le niveau de sûreté défini en interministériel.
Au final quel est votre bilan ?
Durant 53 jours, ces structures ont autorisé 8 000 vols. Quelques uns ont été refusés. Ce criblage a notamment permis d'interdire des vols où on avait affaire à des fichés S qui voulaient prendre des cours de pilotage. 2 000 aviateurs au pic ont été projetés en région parisienne et à Marseille en plus du socle permanent des 500 aviateurs de la posture permanente de sûreté.
Ce volume comprenant nos guets à vue, des aéronefs supplémentaires, le dispositif de lutte antidrones et les systèmes de défense sol-air. Nos aéronefs ont réalisé 750 heures de vol et 350 missions avec les appareils de la permanence opérationnelle (PO) ainsi que des PC-21 en région parisienne, et des avions-école SR22 sur Marseille. Nous avons fait voler de manière régulière le Reaper comme c'était déjà le cas pour le 14 juillet, mais cette fois sur plusieurs dizaines de jours. On a pu constater l'efficacité et l'intérêt de l'utiliser pour aller surveiller les points connus pour la mise en œuvre de paramoteur , de parapente ou autres ULM.