La Russie met à jour sa doctrine nucléaire : quels changements ? Un lien avec les ATACMS ukrainiens ?
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Tir d'un ICBM SS-24 Yars russe depuis le cosmodrome de Plessetsk le 25 octobre 2023.
Mil.ru
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Tir d'un ICBM SS-24 Yars russe depuis le cosmodrome de Plessetsk le 25 octobre 2023.
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Ce 19 novembre, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, a signé et publié un décret présidentiel sur la mise à jour des "principes fondamentaux de la Russie dans le domaine de la dissuasion nucléaire", ou plus concrètement, sur les règles d'utilisation des armes nucléaires russes. La Russie dispose donc désormais d’une nouvelle doctrine nucléaire.
Ce nouveau décret apporte plusieurs nouveautés par rapport au décret de 2020, celui-ci étant devenu nul et non avenu.

Le point 11 étend la possibilité de réponse, avec le cas d'une attaque d'un pays ne détenant pas d'armes nucléaires mais étant soutenu par un pays détenant de telles armes. Dans ce cas, cette attaque serait alors considérée par la Russie comme une attaque conjointe. "Cette disposition est une référence claire au soutien apporté par l’OTAN, une alliance nucléaire, à l’Ukraine pour se défendre contre l’agression russe. Il ne s’agit cependant pas d’une nouveauté, étant donné que les garanties de sécurité négatives du traité de non-prolifération nucléaire, qui engagent les États dotés de l’arme nucléaire (EDAN) à ne pas utiliser d’armes nucléaires contre un État non-doté (ENDAN), prévoient justement une exception en cas de soutien avéré d’un EDAN à un ENDAN", précise Héloïse Fayet, chercheuse à l’Institut français des relations internationales et spécialiste de la dissuasion nucléaire, dans le cadre d’une interview sur ce changement de doctrine.
À noter que le point 10, à savoir qu’une attaque d'un pays faisant partie d'une coalition ou encore d'un bloc sera considérée par Moscou comme une attaque de toute la coalition, est aussi dirigé vers l’OTAN. Mais il n’est pas aussi fort que le point 15, f), où la Russie serait forcée d’utiliser l’arme nucléaire en réponse à l’agrandissement d’une coalition militaire et de fait, rapprochant ses infrastructures militaires des frontières de la Russie.
Le point 18 ajoute quant à lui deux nouveautés par rapport à 2020. Il y a tout d'abord la citation directe de la Biélorussie en tant qu’État protégé par les armes nucléaires russes. Et il y ensuite une modification de la cause générale expliquant une réponse nucléaire de la Russie :
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