Défense : « Les FAS ont structuré l'Armée de l'Air et de l'Espace »
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Armée de l'Air et de l'Espace
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Armée de l'Air et de l'Espace
Quelles plus-values ont été amenées par les FAS ces 60 dernières années ?
« On dit souvent que les FAS ont structuré l'Armée de l'Air et de l'Espace, elles ont largement contribué à lui permettre de se préparer aux missions de haute intensité. Plusieurs briques ont été apportées depuis la première prise d'alerte en octobre 1964. La notion de permanence avec une chaîne de commandement associée, la préparation de mission, le renseignement dans des domaines spécifiques. Les FAS ont aussi développé des systèmes de communications modernes et redondantes, des profils de vols particuliers avec de la très basse altitude, des missions de haut du spectre.
Dans le volet capacitaire pur, les FAS ont bénéficié de ravitailleurs et de porteurs, du Mirage IV au Rafale, avec aujourd'hui un missile aux capacités uniques. Les FAS peuvent réaliser leurs missions dans un environnement très dégradé, et elles ont été motrices pour prendre en compte l'environnement cyber, NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique), IEM (impulsion électromagnétique). Les FAS ont aussi travaillé la notion de résilience, avec la protection des emprises sur le territoire national. Dernier point, les FAS sont aussi motrices dans le multi-domaine et multi-champs, en prenant en compte l'espace, l'apport de l'intelligence artificielle... En synthèse, les FAS ont amené un cadre structurant pour l'armée de l'Air et de l'Espace depuis 1964 ».
Quels ont été les impacts du retour de la conflictualité, avec l'Ukraine mais pas uniquement, sur la posture et les entraînements des FAS ?
« La révision de la posture appartient au président de la République. Je constate que les événements récents nous ont apporté la preuve de la pertinence de notre organisation, de notre préparation, de nos moyens et de notre niveau opérationnel. Nous sommes dans un contexte géopolitique ultra-évolutif, avec un changement de paradigme. On constate que la manière dont les FAS s'organisent, s'entraînent et travaillent est très pertinent, on n'attend pas le changement ou la surprise pour s’adapter car nous essayons de l’anticiper au quotidien. Les FAS ne sont pas un commandement fossilisé ou figé, nous nous remettons toujours en cause : l'objectif n'est pas de préparer la guerre d'aujourd'hui mais la guerre de demain. Nous constatons que ce que nous avons mis en place s'avère cohérent face à la crise ukrainienne et à ce stade, nous n'avons pas changé nos méthodes, nous réfléchissons toujours et préparons demain ».
Comment prenez-vous en compte l'imprévu ?
« Ce travail n'est pas mené seuls. Les FAS apportent une partie de l'analyse, nous travaillons dans une communauté d'acteurs qui réfléchissent, avec l'EMA, la DGA, le CEA, les industriels et bien d’autres entités du ministère des Armées, notamment celles en charge du renseignement ou des relations internationales. La prise en compte de l’imprévu se fonde donc sur une réflexion commune, selon des approches diversifiées, afin d’appréhender la complexité de scénarios prospectifs. Pour pleinement apprécier la pertinence de ces travaux de réflexion d’état-major, nous les adaptons pour les intégrer dans nos entrainements, notamment lors des opérations Poker ».
Pourquoi êtes-vous revenus à Taverny après l'avoir quitté au profit de Villacoublay ?
« A l'origine, Taverny accueillait l'état-major dans sa globalité. La réorganisation des implantations de l’Armée de l’Air et de l’Espace a conduit à implanter l’état-major des FAS à Villacoublay, permettant notamment de profiter de la proximité des états-majors centraux parisiens. Depuis, les FAS se sont réorganisées il y a quelques années, de manière assez sensible, avec deux piliers principaux, la brigade des opérations et la brigade de soutien de l'activité. Ces deux piliers représentent les volets opérationnel et organique du commandement des FAS. Si cet éloignement géographique ne constituait pas à l’époque un obstacle au bon fonctionnement des FAS, il est apparu à l’usage qu’une optimisation des synergies entre l’opérationnel et l’organique s’avérait nécessaire, tant ils sont intimement liés dans un commandement de forces nucléaires. L’objectif est donc de disposer d’une organisation fluide, réactive et opérationnelle pour répondre aux défis actuels et futurs ».
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