Arrivée du premier F-53A belge sur la base aérienne américaine de Luke (Arizona)(3 décembre 2024).
USAF
La prestation de serment du nouveau gouvernement belge avait été précédée par la publication d’un accord de gouvernement, annonçant dans les grandes lignes les prochaines actions du gouvernement jusqu’en 2029 et ce, y compris pour la Défense : budget à 2 %, achat d’avions supplémentaires,… mais aussi des drones armés, des systèmes antiaériens multicouches et peut-être même, des lance-roquettes multiples pour l’artillerie lourde.
Un nouveau gouvernement
Le 9 juin 2024, la Belgique se rendait aux urnes pour élire les 150 parlementaires de la Chambre des représentants (équivalent de l'Assemblée nationale) pour une durée de cinq ans. Au total, 12 partis siègent désormais à la Chambre et les différents présidents de partis sont alors entrés dans une phase de négociations pour former le gouvernement fédéral. C'est ainsi que le 31 janvier 2025, après de nombreux mois de négociations, un accord de gouvernement fut publié et ensuite approuvé par les différents membres des 5 partis liés à cet accord : l'objectif de celui-ci est de tracer, en un peu plus de 200 pages et dans les grandes lignes, les futures décisions du nouveau gouvernement tout en évitant le moindre malentendu lors de la prise effective de ces décisions. Or, dans cet accord, dénommé "Déclaration du formateur, 2025-2029", les futurs projets concernant les Forces armées belges sont bien évidemment présents. Les chapitres ci-dessous mettent en avant les points importants au niveau des futurs investissement souhaités par le gouvernement De Wever dans ce domaine.
Un budget à 2% voire plus ?
C'est bien évidemment "le nerf de la guerre" : le budget actuel alloué aux Forces armées belges tourne autour des 1,3 % du PIB. Or, pour 2029 au plus tard, ce pourcentage aura atteint les 2 %. Ce cap des 2 % n'est pas anodin car il cherche à rééquilibrer la part des investissements de défense au sein de l'OTAN, dont la charge était principalement financée par les États-Unis. Ce cap a été décidé pour la première fois au niveau OTAN en 2006, a pris du plomb dans l'aile suivant la crise économique de 2008, est revenu en 2014 suite à l'annexion russe de la Crimée, etc. C'est surtout en 2023, au sommet OTAN de Vilnius, que les dirigeants de tous les pays membres ont affirmé leur volonté d'arriver à ce cap symbolique. Ainsi, en 2014, seuls le Royaume-Uni (2,14 %), la Grèce (2,22 %) et les États-Unis (3,71 %) remplissaient ce critère. Mais l'annexion de la Crimée et 8 ans plus tard, l'invasion russe de l'Ukraine ont servi d'électrochoc : en 2024, 23 pays sur les 31 États membres avaient un budget défense égal ou supérieur à 2 % de leur PIB.
Durant cette période, la Belgique ne fut pas parmi les meilleurs "élèves", voire même avant-dernier... avant le Luxembourg et malgré un statut de 7ème puissance économique européenne. Le gouvernement précédent (gouvernement De Croo) a permis de passer le cap des 1 % du PIB et même arriver à 1,3 % actuellement. Mais le gouvernement de Wever souhaite au plus tard à la fin de son mandat (2029), avoir au minimum 2 % du PIB de la Belgique alloué à sa Défense. Conséquence, des fonds supplémentaires pourront être alloués pour lancer des investissements, achats de matériels ou encore participation à des programmes de développement.
Évolution des budgets de Défense de l'OTAN (moyenne) et de la Belgique entre 2014-2024 (et après). (Crédits : Air&Cosmos)
De nouveaux avions
L'accord de gouvernement précise que de futurs achats aériens sont attendus : "Il s’agit notamment d’investissements [...] dans des avions de chasse, des avions de transport plus petits supplémentaires [...]". La première partie de cette phrase concerne des avions de combat mais avec la mise à la retraite des F-16AM/BM Fighting Falcon au profit des plus récents F-35A Lightning II, il faudra donc s'attendre à un achat belge de F-35A supplémentaires aux 34 appareils commandés et actuellement en cours de livraison. Structurer les capacités aériennes de combat autour de deux modèles d'avions différents offre une plus grande souplesse opérationnelle (plus de choix dans les capacités disponibles entre les deux modèles d'avions) mais demandent aussi et surtout de scinder en deux la logistique, les pièces détachées, l'entrainement des pilotes et mécaniciens,... bref, un coût supplémentaire à prendre en compte.
Au niveau des "avions de transport plus petits", ils sont à comparer avec les actuels avions de transport tactique A400M Atlas. Dès lors, il ne faut pas espérer un achat supplémentaire d'A400M et encore moins un avion équivalent (KC-390, C-130J,...) suite au problème économique d'une double flotte, comme expliqué précédemment. En revanche, cet achat "d'avions de transport plus petits" concerne plus que probablement la continuation d'un projet lancé en 2016 et qui s'est concrétisé le 26 janvier 2024. À cette époque, le gouvernement De Croo avait décidé de lancer les premières analyses de marché pour un futur achat de cinq avions de transport légers et à capacité de décollage et d'atterrissage court (STOL) au profit du Special Operation Regiment (SOR). Pour rappel, le SOR est la branche aéroportée des Forces terrestres belges. Il regroupe les unités aéroportées (2ème Bataillon de Commandos et 3ème Bataillon de Parachutistes), les forces spéciales belges (Special Forces Group) et leurs unités de soutien (QG, centre d'entrainement,...). Au niveau du futur avion STOL, et hormis ajouts du nouveau gouvernement, cet appareil léger sera multi-missions : transport léger, évacuation médicale, appui ISR, appui aérien rapproché, commandement aéroporté, etc.
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