Défense : « Par construction, les contrats verticalisés constituent déjà une forme de préparation à la haute intensité »
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Jean-Marc Tanguy
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Jean-Marc Tanguy
Une analyse approfondie des données, confirmée par une enquête de la Cour des comptes menée en 2024 sur une période d'un an dans nos locaux, révèle des tendances très positives du progrès en matière de performance du MCO-A. Le Rafale maintient un haut niveau de disponibilité en 2024, comparable à celui de 2023, nonobstant des difficultés de la supply chain et l'impact des cessions de matériel (Croatie, Ukraine (NDLR) et des travaux de modernisation de la flotte (ainsi que les chantiers de changement de standards, NDLR). Les process du NSI (niveau de soutien industriel) et du NSO (niveau de soutien opérationnel) ont contribué à maintenir un haut niveau de performance, malgré un contexte peu favorable.
En raison de la maturité croissante de la flotte, la disponibilité de l'A400M n’a cessé de progresser. Les premières grandes visites, prévues à partir de 2026, nécessiteront une immobilisation plus importante de la flotte. Face à l’enjeu de croissance, l'objectif est d'augmenter la disponibilité tout en réduisant le coût de l’heure de vol.
Le MRTT affiche un niveau de disponibilité technique très important, résultat de la mise en place d'un marché verticalisé avec un guichet à Istres et le recrutement de personnel par les industriels. Ce contrat, que nous avons signé il y a un an, fixe des objectifs très ambitieux dont la mobilisation de toute la flotte en 48 heures. Les premières grosses visites, les 6Y, viennent de démarrer après 6 ans et plus de 2 000 heures d'utilisation. Elles sont effectuées en NSI avec des moyens récemment commandés dans le cadre du contrat verticalisé. En attendant la mise en place complète de ces moyens, notamment le hangar Mercure à Istres, les 6Y sont réalisées par la 31ème escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique (EARTS). La première 6Y a été effectuée il y a un an, nous commençons la deuxième, suivie de la troisième. A ce jour, l'armée de l'Air et de l'Espace se montre rassurée face aux craintes qui existaient il y a encore un an.
Concernant le NH90 marine, la disponibilité est correcte sur l'ensemble de la flotte. Un travail important a été mené ces deux dernières années en collaboration avec le major général de la Marine et les industriels, afin d’infléchir la tendance et d’améliorer les performances. En deux ans, la disponibilité a augmenté de plus de 30%, une progression significative. Cette tendance positive, observée depuis plus de six mois, devrait se poursuivre grâce à des mesures de fond prises en 2023 sur le traitement de la corrosion, la mise en place de moyens de lavage des aéronefs, la simplification des processus de maintenance, les visites jaugées à 25 heures et des visites salines moins fréquentes mais plus complètes. Des opérations de récupération de pièces provenant d’Australie sont organisées en collaboration avec Airbus Helicopters. Sur Clemenceau 25, la disponibilité des NFH est excellente. Conscients avec la Marine nationale, de la nécessité de rester vigilants sur ces travaux et la pérennité des résultats, nous nous satisfaisons de ce changement positif.