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La Russie a-t-elle vraiment perdu 70 000 soldats en deux mois sur le front ukrainien ?

Photo de Dorian de Schaepmeester

Dorian de Schaepmeester

Publié le 22 juillet 2024 à 02:00

Image d’un BMP russe détruit par un Bradley utilisé par les forces ukrainiennes.

Image d’un BMP russe détruit par un Bradley utilisé par les forces ukrainiennes.

Daily Mail, SDC 47

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La Russie continue de progresser, lentement, sur le territoire ukrainien. Mais à un coût particulièrement élevé : le Ministère de la Défense britannique annonçait il y a quelques jours que l’armée russe a perdu près de 70 000 hommes en deux mois.

La guerre en Ukraine coûte cher, très cher à la Russie. D'après les derniers analyses des services de renseignements britanniques, la Russie aurait subi pas moins de 70 000 pertes militaires au cours des deux derniers mois, un chiffre qui comprend à la fois les blessés, les tués, les capturés et les disparus… Ces pertes représentent un nouvel accroissement du rythme déja observé par le passé, alors que la Russie a officiellement budgété 507 000 nouvelles pensions d'invalidité au 31 décembre 2023 par rapport à l'avant-guerre, à quoi il faut ajouter au moins 120 000 morts au front, confirmées par les analyses. Menant offensives après offensives pour des gains territoriaux mineurs, la Russie ne semble pourtant pas réduire l’intensité de ses assauts. Le rapport publié le 12 juillet par le Ministère de la Défense du Royaume-Uni permet de constater l’ampleur des pertes pour la Russie, avec plus de 1 000 soldats neutralisés par jour.

Assaut sur Kharkiv

L'une des raisons de l'accroissement des pertes russes est l’ouverture d’un front dans la région de Kharkiv à la mi-mai. L’objectif officiel de la Russie était de créer une zone tampon côté ukrainien pour empêcher de nouvelles incursions terrestres sur son territoire, tandis que l'objectif tactique communément admis pour les analystes était de mettre la métropole ukrainienne à portée d’artillerie. Après deux mois d’efforts, aucun de ces objectifs n’est atteint, en raison notamment de l'autorisation faite à l'Ukraine de frapper les forces russes dans la profondeur de leur dispositif, y compris sur le territoire russe. Une décision des alliés de l’Ukraine qui pourrait conduire globalement à un effondrement de leur logistique, réduisant la puissance de feu et la quantité de matériels lourds engagés.

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669bd1e905abc.webp (Crédits : Image Air & Cosmos)
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669be06221c6c.webp (Crédits : Image Air & Cosmos)

Car si les pertes humaines sont lourdes, comme en témoignent les très nombreuses vidéos partagées par les forces ukrainiennes et les combattants des deux camps, il reste plus simple de quantifier les pertes matérielles. L’analyste A. Perpetua a ainsi pu quantifier une certaine stabilité dans les pertes matérielles russes autour de 1800 équipements perdus en avril, mai et juin, mais note une dégradation de la qualité de ces matériels. En avril et mai, plus du quart des matériels perdus par la Russie sont des équipements civils (SUV, camions, minivans…), un proportion qui monte à un tiers pour les 20 premiers jours de juillet. Mais l’apparition de nouveaux équipements dans les assauts conduits contre les tranchés, avec la multiplication d’assauts conduits avec de simples quads, des moto-cross (voir image ci-dessus), voire avec de simples 4x4 ouverts qualifiés de « voiturettes de golf » par les observateurs. Cette dégradation de la qualité des matériels ne réduit cependant pas le nombre d'hommes engagés dans des assauts, ceux-ci se révélant simplement de plus en plus meurtriers. 

Les offensives se poursuivent dans le Donbass

Si l'offensive de Kharkiv explique l'accroissement du nombre de pertes humaines, elle s'accumule aux tentatives continues observées dans le Donbass, et particulièrement dans l'oblast de Donetsk. Les vidéos filmées depuis des drones et montrant des soldats russes parcourir des champs à découvert sans équipement adéquat sont légion, et plus aucune avancée notable n'est observée depuis la prise d'Avdiivka en février 2024. Les progrès sont pourtant faibles y compris dans cette région qui concentre tant d'efforts russes : la Russie occupait 14 906 km² de l'oblast au 1er janvier 2024, un chiffre porté à 15 714 km² début juillet, soit une progression de 808 km² en six mois. La superficie totale de l'oblast étant de 26 517 km², il faudra encore 7 années d'offensives pour simplement réussir à occuper la seule région de Donetsk, soit l'année 2032...

40 000 morts en mai, 30 000 en juin

A raison de 1 000 à 1 200 pertes humaines par jour et la dégradation constante du matériel employé par la Russie, aucun analyste n'estime aujourd'hui que la Russie soit en mesure de continuer à engager des troupes et des équipements à ce rythme pendant plusieurs années. Un article publié le 16 juillet par The Economist rappelle que si le Kremlin alloue désormais 8 % de son PIB aux armées, la conflit ne peut perdurer que grâce à la capacité russe à puiser dans la grande quantité de véhicules et d’équipements datant de la Guerre froide. Le journal précise cependant que ces stocks fondent à grande vitesse d'après les images satellites montrant les lieux de stockage en grande partie déja vidés.

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Au 20 juillet 2024, le site Oryx recense plus de 17.000 pertes matérielles prouvées pour la Russie, dont 2 863 chars, 5 542 véhicules blindés d’infanterie, 999 batteries d’artillerie ou encore 78 avions perdus par la Russie.

Vers un épuisement généralisé ?

Si l'Ukraine subit également des pertes, son bilan est bien moins fort étant donné sa position "en attente", les forces ukrainiennes restant en position de défense, laissant les Russes engager le combat et prendre les risques. Le volume d'équipement 

La Russie maintient ses efforts et continue sa progression, bien que très lente, en Ukraine. Et les difficultés rencontrées par l’Ukraine sont bien réelles, malgré l’envoie d’équipement sur place et la récente réception des premiers F-16. Le 17 juillet, le président Volodymyr Zelensky déclarait que la présence de représentants russes lors d’une conférence pour la paix en novembre 2024 était souhaitable. Une flexion dans la politique pourtant ferme de Zelensky, alors que l’avenir sur le front est de plus en plus incertain.

Dorian de Schaepmeester

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