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Tirs antiaériens sur Odessa : un retour à la Seconde Guerre mondiale ?

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 27 novembre 2024 à 04:00

Tirs de mitrailleuses et canons antiaériens ukrainiens pour protéger le port d'Odessa contre une attaque de drones russes (16 novembre 2024).

Tirs de mitrailleuses et canons antiaériens ukrainiens pour protéger le port d'Odessa contre une attaque de drones russes (16 novembre 2024).

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Durant la Seconde Guerre mondiale, les nuits au-dessus de Londres ou encore Berlin étaient zébrées de nombreux tirs antiaériens. 80 ans plus tard, le ciel d’Ukraine, et dans ce cas-ci, d’Odessa, est également illuminés par les projecteurs et tirs antiaériens. Les mitrailleuses lourdes et canons antiaériens s’avèrent finalement très utiles contre les drones Shahed russes en Ukraine.

Un air de Seconde Guerre mondiale

Le 16 novembre, deux vidéos de la ville portuaire d'Odessa (oblast d'Odessa, Ukraine) étaient publiées sur les réseaux sociaux. La vidéo montre le barrage de mitrailleuses, mitrailleuses lourdes et canons antiaériens tentant d'abattre un ou plusieurs drones Shahed russes. Ces images de nuit rappellent évidement les systèmes antiaériens anglais durant le Blitz ou encore les défenses antiaériennes allemandes durant les raids nuit de bombardiers anglais durant la Seconde Guerre mondiale. Mais au final, les Ukrainiens sont bien loin des calibres anglais (comme le canon QF 3,7 pouces, soit 94 mm) et allemands (tel que le canon Flak 40 de 128 mm) de cette époque.

Un dilemme

Cette vidéo montre clairement le dilemme que doivent faire face les Forces armées ukrainiennes. Avec parfois en petit nombre, celles-ci alignent des systèmes antiaériens parmi les plus modernes au monde : Patriot PAC-2 et PAC-3 ainsi que des SAMP/T au niveau de la longue portée, de nombreux NASAMS à plutôt moyenne portée pendant que la courte portée est assurée par des Iris-T SLS ou encore Stormer HVM et ses fameux missiles Starstreak. Toutefois, l'approvisionnement de ces systèmes en missiles doit être assuré depuis l'étranger et non pas depuis l'Ukraine. De fait, si certains de ces systèmes peuvent être utilisés contre des drones de type Shahed, ils sont pour la plupart du temps réorientés vers des cibles plus importantes, comme des avions de combat, hélicoptères, missiles de croisière et s'ils le peuvent, missiles balistiques.

Lanceur Patriot PAC-2 (premier plan) et IRIS-T SLM (arrière plan) ukrainiens.
Lanceur Patriot PAC-2 (premier plan) et IRIS-T SLM (arrière plan) ukrainiens. (Crédits : @ZelenskyyUa)

Des systèmes basiques

La défense anti-drone ukrainienne est avant tout centrée sur les mitrailleuses, mitrailleuses lourdes ou encore canons à tir rapide. Au vu des nombreuses attaques saturantes de drones ukrainiens et l'étendue de l'espace aérien à couvrir, ce sont bien souvent des groupes de pick-up, simplement équipés d'une mitrailleuse sur la plage arrière qui tentent d'abattre ces drones. Les servants des mitrailleuses sont parfois guidés, ici aussi "à l'ancienne", par des projecteurs cherchant et suivant les différents drones russes. À noter que des radars permettent une certaine alerte avancée mais aussi et surtout un réseau de microphones spécialement déployés en Ukraine et capables d'identifier le son des drones et de fait, de les détecter. Cette alerte précoce permet alors d'estimer leur trajectoire et de déployer au mieux ces pick-up. Des canons antiaériens peuvent aussi être déployés, tels que des ZU-23-2, montés sur remorque ou parfois même sur des véhicules militaires. Mais là aussi, seule le servant vise et ne peut compter sur un système de guidage... mais au final, ces "batteries antiaériennes très courte portée" obtiennent de nombreux résultats sur ces drones.

Une seconde vie pour le Gepard ?

Mais les Forces armées ukrainiennes disposent aussi de canons guidés par radar. L'exemple le plus connu est le bon vieux Gepard, pensé et développé par l'Allemagne durant la guerre froide pour protéger les blindés allemands des hélicoptères d'attaque Mi-24 Hind et avions d'attaques Su-25 Frogfoot soviétiques. Aujourd'hui ce système antiaérien mobile (chenillé, 2 canons de 35 mm en tourelle) et utilisant deux radars (détection et poursuite de la cible) est devenu un véritable "Shahed Killer", au point que l'Ukraine ne refuse en aucun cas ces systèmes. Exception ou non, une vidéo a même permis de confirmer qu'un Gepard avait réussi à abattre un missile de croisière russe en plein vol. Si les 55 Gepard ex-allemands (+15 en cours de livraison) se trouvent actuellement loin de la trouée de Fulda, ces "anciens" canons antiaériens ont une seconde vie en Ukraine.

Un canon rare mais de dernière génération

Autre canon antiaérien, également allemand mais cette fois-ci, de dernière génération : le Skynex. Il s'agit d'un canon de 35 mm, en tourelle, le tout, guidé par un radar et équipé d'un système électro-optique (jour/infrarouge), tous deux placés au-dessus de la tourelle. L'Ukraine dispose actuellement de quelques-uns de ces systèmes semi-mobiles, placés sur une plateforme indépendante et répondant aux standards OTAN STANAG 2413. De fait, n'importe quel camion équipé d'un vérin hydraulique et compatible avec ce standard peut redéployer la plateforme. Les obus tirés sont capables de détruire des avions, hélicoptères mais aussi des missiles de croisière ou encore une capacité C-RAM, soit une capacité d'intercepter des obus de mortier, d'artillerie et roquettes. Pour l'instant, une seule vidéo d'un Skynex en Ukraine existe (ci-dessous), sur un terrain d'entrainement.

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