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Les avions Su-25 ukrainiens peuvent désormais emporter les bombes françaises AASM

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 06 décembre 2024 à 04:00

Bombe propulsée AASM sous l'aile d'un avion d'attaque Su-25 Frogfoot ukrainien (3 décembre 2024).

Bombe propulsée AASM sous l'aile d'un avion d'attaque Su-25 Frogfoot ukrainien (3 décembre 2024).

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Depuis le 3 décembre, les avions d’attaque Su-25 Frogfoot ukrainiens sont capables d’emporter la bombe de conception française AASM, normalement larguée depuis les MiG-29 Fulcrum ukrainiens. Cette nouvelle capacité d'emport d’une munition OTAN sur un avion de conception soviétique s’explique notamment par le développement de pylônes spécifiques, et parfois même, pour les Su-24 Fencer ukrainiens, de pylônes pensés au départ pour les avions de combat Tornado de la Royal Air Force.

Une première pour le Frogfoot

Le 3 décembre, une image d'une bombe propulsée et de précision AASM/A2SM/Hammer était publiée sur une chaine Télégram ukrainienne. Cependant, cette bombe ne se trouve pas sous l'aile d'un avion de combat MiG-29 Fulcrum ukrainien mais bel et bien sous l'aile d'un avion d'attaque Su-25 Frogfoot. La légende de l'image fait d'ailleurs indirectement référence à la France à l'aide de trois émoticônes : un Su-25, une baguette et une flamme. Pour rappel, la baguette est souvent utilisée en Ukraine pour identifier des matériels militaires français.

Cette image confirme donc pour la première fois que les Su-25 de la Force aérienne ukrainienne sont désormais capables d'emporter la bombe de confection française. Petit à petit, les différents avions et hélicoptères ukrainiens d'origine soviétique voient leur armement varier avec des capacités d'emport et de largage de missiles, bombes ou encore missiles de croisière répondant à des standards OTAN.

Des pylônes atypiques

Cette capacité d'emport de munitions OTAN sur des avions pas du tout développés et encore moins pensés dans cette optique s'explique au niveau d'une modification de certains systèmes internes mais aussi et surtout, sur le développement rapide de pylônes d'emport de munitions. La première modification est apparue avec les tirs de missiles anti-radars AGM-88 HARM depuis des MiG-29 Fulcrum. Le missile est placé sur la fixation d'un pylône LAU-118, ce dernier étant lui-même fixé à un pylône adaptateur faisant la jonction entre l'aile et le LAU-118. Les modifications vont même plus loin au niveau des bombardiers tactiques Su-24 Fencer lorsqu'ils emportent, sous chaque aile, un missile de croisière SCALP-EG/Storm Shadow. Là aussi, un adaptateur est nécessaire sous l'aile... mais entre le missile et l'adaptateur, il est possible d'apercevoir ni plus ni moins que le système de fixation de ce missile développé spécifiquement pour les avions de combat Tornado de la Royal Air Force. Ces fixations ont été fournies par le Royaume-Uni à partir d'anciens Tornado de la RAF, retirés du service.

En ce qui concerne la photo publiée le 3 décembre avec l'AASM, elle montre un pylône déjà aperçu à de nombreuses reprises en Ukraine. Il est utilisé sous les ailes des avions de combat MiG-29 et Su-27 ukrainiens pour emporter des bombes de précision, comme la bombe planante JDAM-ER et la bombe propulsée AASM. Concernant la première bombe, elle fixée à l'aide du système MAU-50 de l'entreprise américaine Marvin Engineering... et visible également sous les avions d'attaque A-10 Thunderbolt II de l'US Air Force. Les quelques rares images rapprochées d'AASM sous les ailes des avions ukrainiens laissent à penser (sans être totalement sûr) que le MAU-50 serait compatible avec la munition française. Seule différence clairement visible : le système d'éjection diffère entre la JDAM-ER et l'AASM. La publication ci-dessous permet d'apercevoir le pylône de profil, également équipé d'une bombe AASM mais fixée sous l'aile d'un Fulcrum ukrainien.

L'AASM

Enfin, pour revenir sur l'Armement Air-Sol Modulaire, plus connu sous les acronymes AASM, A2SM ou encore Hammer, il s'agit d'une bombe développée et produite par Safran. L'annonce de leurs livraisons en Ukraine avait été révélée par Emmanuel Macron, président de la République, et précisée juste après par Sébastien Lecornu, ministre des Armées : la France livrera chaque mois de l'année 2024 un total de 50 AASM. Concrètement, l'AASM est équipée sur sa partie avant d'un kit de guidage INS, GPS. Ce kit existe aussi avec une option de guidage supplémentaire, comme l'intégration d'une détection infrarouge de la cible ou d'un guidage laser. Au centre se trouve la charge militaire (bombe lisse de 250 kg ou d'une tonne) et enfin à l'arrière, le kit de propulsion. Une fois la bombe larguée et stabilisée, le système de propulsion est enclenché et permet d'augmenter pendant un certain temps la vélocité et la portée de la bombe en question. Au niveau opérationnel, cette bombe offre deux avantages en plus de sa précision :

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  • un tir en haute altitude, avec une portée supérieure à 60 kilomètres. Cette utilisation permet à l'avion d'obtenir une capacité de frappe en standoff, soit hors de portée des systèmes antiaériens ennemis (dans ce cas-ci, très courte, courte et moyenne portée).
  • un tir en basse altitude, avec une portée supérieure à 15 kilomètres. Il s'agit d'offrir une capacité de frappe en stand-in, soit à portée des systèmes antiaériens ennemis, en volant en basse altitude et en utilisant les différents reliefs pour masquer l'avion largueur des radars ennemis.

À noter que pour l'instant, les quelques rares images de bonne qualité des bombes AASM utilisées par la Force aérienne ukrainienne laissent à penser qu'un seul modèle a été livré : des AASM de 250 kg avec un système de guidage INS/GPS.

Schéma d'une bombe air-sol propulsée et guidée AASM/HAMMER 250.
Schéma d'une bombe air-sol propulsée et guidée AASM/HAMMER 250. (Crédits : Safran)

Gaétan Powis

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