Exotrail et la logistique du dernier kilomètre
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Exotrail
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Exotrail
Fondée en 2017 au cœur de la première vague New Space en France, la société Exotrail avait démarré ses activités à Massy, dans l’Essonne, autour du développement et de la commercialisation de systèmes de propulsion électriques miniaturisés à destination des satellites de petite taille et des constellations. Leur fonctionnement s’appuyait en particulier sur l’effet Hall, étudié au début des années 2000 au sein du laboratoire Gemac (Groupe d'étude de la matière condensée) de l’Université Versailles Saint Quentin-en-Yvelines (UVSQ). L’ambition était de taille : faire tenir cette technologie dans un volume équivalent à une brique de lait, afin d’offrir une poussée et une efficacité inédites pour des satellites dont la taille varie de quelques kilos (les cubesats) à quelques centaines de kilos (les micro et mini-satellites). C’est le satellite technologique R2 du constructeur lituanien NanoAvionics (un cubesat 6U d’une masse d’environ 10 kg lancé en novembre 2020 sur un PSLV indien) qui a servi de banc d’essai : le moteur d’Exotrail, baptisé spaceware, a été allumé avec succès le 4 décembre 2020, permettant un changement d’orbite de R2. Pour la première fois, un moteur à effet Hall fonctionnait sur un satellite de moins de 50 kg.
Les ventes ont démarré dans les années 2019-2020 auprès d’acteurs majeurs du secteur spatial, institutionnels comme privés, tels que le Cnes, l’Agence spatiale européenne, AAC Clyde Space (fabricant suédo-écossais de cubesats) ou Eutelsat (opérateur français de satellites de télécommunications désormais engagé dans une stratégie multi-orbites). Une montée en puissance a été observé à partir de 2023, notamment à l’export (aux États-Unis, en Asie et en Inde) : Exotrail a décroché des contrats pour équiper les constellations entières d’opérateurs comme la société indo-américaine Pixxel (observation de la Terre) ou l’intégrateur américain de satellites Astro Digital. En parallèle, l’entreprise francilienne a effectué une troisième levée de fonds en février 2023, de 54 M€ (les premières, en septembre 2018 et en juillet 2020, avaient permis de récolter respectivement 3,5 et 11 M€).